Toute la vie du jardin - décembre 2011 - Le blog de Laurent Lieser - Floriculteur spécialisé (Cévennes - Lozère Florac)
 
Le blog de Laurent Lieser - Floriculteur spécialisé (Cévennes - Lozère Florac)

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dimanche 25 décembre 2011

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dec '11

De tout coeur...

jeudi 15 décembre 2011

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Quelques nouvelles…

Quelques heures ! Il aura suffit de quelques heures à la crue pour bouleverser mon univers. Je dois reconnaître un moment d’abattement comme je n’en avais encore jamais connu. De ceux qui vous font vous asseoir par terre au milieu des dégâts et poser un regard hébété autant qu’anéanti autour de vous. Cela, sans que vous ne sachiez si vous aurez la force de recommencer, et le cas échant, si cela en vaut vraiment la peine ?! Après tout, lorsque je repense à l’absence de soutien et au mépris qui m’auront été réservés par la municipalité floracoise (après qu’elle se soit pourtant déclarée intéressée par, je cite « un projet ne manquant pas d’intérêt »), si en plus la nature s’en mêle… A quoi bon ?

Puis, quelques messages d’amitié sont arrivés sur ma boîte mail, quelques bonnes volontés prêtes à m’apporter leur aide se sont manifestées… Au jardin, j’ai croisé le regard curieux d’un rouge-gorge, j’ai découvert ému le chantier d’un castor bien décidé à remettre de l’ordre dans la ripisyle, j’ai aperçu les premières feuilles des narcisses, la première fleur du premier Crocus. Il ne m’en fallait pas d’avantage pour que je retrouve toute mon énergie ! De plus, un bonheur ne venant jamais seul, j’ai enfin eu l’opportunité de quitter ce village pour m’installer ailleurs*. Pas très loin, certes, mais quelques petits kilomètres sont parfois largement suffisants pour s’extirper d’une atmosphère déplaisante, inhospitalière…

Crocus versicolor

Je parlais à l’instant de la première fleur de Crocus. La voici ! N’est-elle pas adorable ? Abîmée, certes (mais qui ne le serait pas après avoir été noyé sous près de 2 m de flots déchaînés pendant 24h ?). Crocus versicolor, car c’est de lui qu’il s’agit, fleurit habituellement en février ou mars, mais les températures clémentes ont précipité sa végétation.

Crocus versicolor

J’ai souvent eu l’impression que le mois de décembre était le début du printemps car de nombreux narcisses et quelques tulipes possèdent déjà leurs feuilles.

Narcissus x

Tulipa cretica

La crue avait abandonné une longue bande de feuilles et de débris végétaux. Quelques jours m’auront été nécessaires au ramassage de centaines de kg de ce qui constituera avant longtemps un terreau de grande qualité. Après tout, autant tirer avantage de la situation !

Jusqu’à ce que l’herbe repousse, une large bande « endive » me rappellera la limite de la crue.

L’un des tas de compost en devenir.

Les arbres aussi bénéficient directement de cet apport inespéré de nutriments. Celui-ci les protégera partiellement du gel tout au long de l’hiver, puis libérera, en se décomposant peu à peu, une fertilisation biologique de qualité exceptionnelle.

Pommier d'ornement (Malus x)

Malgré ce qu’il vient de subir, Viburnum x bodnantense semble déterminé à fleurir prochainement.

Viburnum x bodnantense

Heureusement pour eux, ces jeunes Iris planifolia se sont trouvés hors de portée des flots. En revanche, était-ce un sort plus enviable ?, profitant de la pluie, une limace a entièrement dévoré l’un d’entre eux (Seules deux plantes sont visibles sur l’image alors qu’initialement, elles étaient trois).

Iris planifolia

Après avoir récupéré les "restes" de clôture éparpillés ici et là, scié les arbres au sol, j'entamais la réinstallation de la clôture, en commençant par les piquets (merci à Aline pour la masse et la barre à mine!)...

Piquets de clôture remis en place.

Enfin, je termine ce billet par une annonce : existe-t-il en Lozère une personne qui pourrait m’aider de quelques coups de tronçonneuse ? Ma scie s’est avérée impuissante face à cette souche de plusieurs centaines de kg qui refuse en outre d’être déplacée à mains nues. Un ami internaute, Nathanaël pour ne pas le citer, c’était généreusement proposé (je l’en remercie une fois de plus), mais il me semblait irraisonnable de lui demander d’effectuer un voyage de plusieurs dizaines de km juste pour les quelques 10 minutes de travail que nécessiterait le débitage de cette souche.

Souche à débiter. En plus d’enlaidir le paysage, celle-ci a en plus eu la bonne idée d’arrêter sa course sur une station de Leucojum aestivum. Quant aux Iris foetidissima situés juste devant (non visibles sur l'image), ils ont eu plus de chance.

Petite anecdote: sur cette image, il est possible d'apercevoir un nichoir à mésanges en train de sécher. Celui-ci était installé sur le tronc d'un peuplier situé en bordure de ripisylve, à environ 1m 80 du sol (et environ 3,80 m du niveau normal du Tarnon). Quelle ne fut pas ma surprise en le décrochant de découvrir qu'il était rempli jusqu'à la moitié du sable de la rivière voisine...

  • Je parle ici de mon habitation. Mon exploitation et son jardin demeurent bien sûr au même endroit.