Toute la vie du jardin - juin 2010 - Le blog de Laurent Lieser - Floriculteur spécialisé (Cévennes - Lozère Florac)
 
Le blog de Laurent Lieser - Floriculteur spécialisé (Cévennes - Lozère Florac)

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mercredi 16 juin 2010

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juin '10

Quelle merveilleuse invention…

…que la photographie ! En effet, existe-t-il un meilleur moyen d’apprécier la beauté d’une fleur bien au delà de sa floraison ?

Iris ‘Crowned Heads’, la perfection faite fleur.

‘Crowned Heads’ (têtes couronnées) est un Iris de jardin extraordinaire à tous point de vue. Sa fleur, à la forme parfaite, lui a valu de remporter la Médaille de Dykes en 2004 (la Médaille de Dykes représente la plus haute distinction qu’un Iris puisse espérer). Certes, son parfum est inoubliable, cependant sa particularité lui vient avant tout de ses couleurs inversées. C'est-à-dire que chez lui, ce sont les sépales qui présentent un ton clair alors qu’habituellement, chez ce type d’iris, le ton le plus clair se trouve sur les pétales, comme le démontre la fleur d’Iris ‘Overnight Sensation’ !

Le lendemain du jour où ces photographies furent prises, ‘Crowned Heads’ fut malmené par des vandales…

Iris ‘Crowned Heads’, détail de la barbe.

Iris ‘Overnight Sensation’

Ne vous êtes-vous jamais demandé à quoi pouvait bien ressembler une capsule de Crocus ? Si ? Dans ce cas, voici l'une d'entre-elles remplie de graines de Crocus flavus ssp. flavus. Je ne souhaite pas les récupérer, mais peut-être quelques unes parviendront-elles à l’âge adulte, venant ainsi augmenter les effectifs de cette micro population implantée récemment sous un érable.

Crocus flavus ssp. flavus, capsule et graines.

Un rêve, que dis-je ?, un enchantement ! Voici le terme qui me semble convenir le mieux pour décrire Lilium pumilum. Ce lis, qui ne dépasse guère au jardin les 50/60 cm (certains auteurs signalent une taille maximale de 1 m 20), porte une multitude de fleurs corail à tépales recourbés. Il provient de Corée, de Mongolie, de Sibérie et du nord de la Chine. C’est une plante qui apprécie le plein soleil et les sols bien drainés. Son défaut ? Une durée de vie se limitant à quelques années. Heureusement, l’espèce compense ce désavantage en produisant d’importantes quantités de graines.

Lilium pumilum

Lilium pumilum

Pour le plaisir des yeux, Paeonia ‘Krinkled White’.

Paeonia ‘Krinkled White’

lundi 14 juin 2010

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juin '10

Les Cévennes, terre d’accueil…

Qu’il est difficile d’avoir à affronter la bêtise et la méchanceté…

En arrivant au jardin hier je découvrais avec tristesse différents actes de malveillance.

La clôture grillagée fut pliée vers le bas (en accordéon) afin de permettre aux vandales de s’introduire. Les végétaux furent visés, les iris de collection notamment (pour ainsi dire seuls en fleurs à cette période de l’année). La plupart d’entre eux furent renversés ou arrachés. Les arbustes furent également visés (feuillage lacéré, tuteurs et liens arrachés). 80% des étiquettes permettant l’identification des végétaux furent retirées du sol, jetées ça et là, brisées. Ces personnes se sont également attaquées au matériel à moteur (pour la deuxième fois en une semaine) avec l’espoir évident de le détruire.

Cela s’est visiblement produit à l’instant même où j’étais au Tribunal Paritaire des Baux Ruraux de Mende…

Une plainte fut déposée immédiatement à la gendarmerie de Florac.

samedi 5 juin 2010

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juin '10

Erreur inqualifiable…

Dans le billet précédent, je mentionnai Paeonia ‘Krinkled White’. Or, la plante photographiée est bien sûr Paeonia emodi. Et oui ! Suite à une erreur de la part de mon fournisseur, cette pivoine native de l’Himalaya vit donc désormais au sein de mes cultures. Lorsque je compare son prix réel avec celui qu’il m’a fallu débourser, je me dis que finalement des erreurs comme celles-ci sont de véritables bénédictions… Quoi qu’il en soit, Paeonia emodi paraît se plaire en Cévennes et c’est tant mieux !!!

Paeonia emodi, la pivoine de l’Himalaya.

Chaque jour, je prends le temps de parcourir le jardin. L’observation m’est toujours apparue comme une technique culturale à part entière puisqu’elle seule permet de découvrir les multiples petits maux dont peuvent souffrir nos plantes. Elle est également à l’origine d’une quantité impressionnante d’investigations naturalistes. Ainsi, ce papillon gazé (Aporia crataegi) fraîchement sorti de sa chrysalide dont les ailes terminent de se déployer et de sécher.

Papillon gazé (Aporia crataegi). Sa chrysalide abandonnée est visible sur le bas de la tige.

Ce papillon est relativement abondant ici. Ce qui, malheureusement, n’est pas forcément le cas ailleurs. En effet, l’espèce est éteinte en Grande Bretagne et disparaît peu à peu du nord de la France. Au banc des responsables, les insecticides bien sûr, mais aussi la raréfaction de la plante hôte dont se nourrissent les chenilles, l’aubépine (Crataegus sp.).

Papillon gazé (Aporia crataegi)

Malgré son statut de plante tétraploïde, Tulipa sylvestris est fertile, si fertile que je pense être en mesure de disperser prochainement quelques centaines de ses graines sur la zone du jardin réservée aux tulipes de France !

Tulipa sylvestris

L’épervière orangée (Hieracium aurantiacum) est une plante spontanée que l’on rencontre encore assez facilement dans certaines régions françaises où, à l’instar de l’Alsace, elle est parfois protégée. A priori, elle pourrait donc exister en Lozère. Je dis à priori car je ne l’ai jamais observé ici. Toutefois, parce que les plantes sauvages de notre pays n’ont souvent rien à envier aux plantes de jardin plus exotiques, j’ai choisi d’en introduire. Apparemment, ma démarche est couronnée de succès !

Epervière orangée (Hieracium aurantiacum)

Les iris déclenchent les passions ! Cela vous étonne ? En tous cas, leur magie opère et chaque année je me retrouve sous leur emprise… Je me souviens qu’il y a quelques années, lorsque je suivais la formation visant à faire de moi un professionnel de l’horticulture, et sans doute parce que cela rendait ma solitude plus supportable, j’avais épinglé aux murs de ma chambre les dizaines de pages en couleur d’un catalogue spécialisé.

D’ailleurs, ‘Champagne Walz’ et ‘Yaquina blue’ faisaient partie des nombreux iris dont j’appréciais les images. Aujourd’hui, je les cultive enfin, mais suis contraint de les photographier très rapidement car sitôt épanouis, ils sont dévorés par les cétoines hérissées (Tropinota hirta)…

Iris ‘Champagne Walz’

Iris ‘Yaquina blue’

Iris ‘Yaquina blue’

Toutefois, l’un de mes préférés reste notre sauvage Iris des marais (Iris pseudoacorus). Sa grâce est infinie et sa vigueur légendaire. Dès mon arrivée, j’en introduisais en bordure du Tarnon, et cette année les premières fleurs me récompensent. Elles illuminent littéralement ces rives sauvages. La vie n’est-elle pas curieuse parfois ? Cette plante que je cultivais autrefois dans un pot plongé dans une bassine d’eau sur mon balcon parisien côtoie désormais les truites et les cincles plongeurs (Cinclus cinclus).

Iris des marais (Iris pseudoacorus)

Iris des marais (Iris pseudoacorus), détail de la fleur.

Je parlais l’autre jour d’un iris qualifié gentiment de vieux briscard. Voici aujourd’hui ‘Vieux Briscard 2’ ! Cet iris, récupéré jadis en bordure d’une voie ferrée désaffectée, est en tout point comparable au premier, sauf en ce qui concerne sa taille, inférieure de moitié. Il se distingue également par la couleur rouge violacée située à la base de ses feuilles. La comparaison entre celui-ci et les iris de jardins précédents permet de mesurer l’incroyable travail d’amélioration effectué par les hybrideurs depuis près de cent ans.

Iris ‘Vieux Briscard 2’

Iris ‘Vieux Briscard 2’