dimanche 24 janvier 2010
Sur la planète Mars…
Dans la rubrique Toute la vie du jardin
Je n’ai pas pour habitude de m’étendre sur mes activités personnelles. Toutefois, une fois n’est pas coutume, je souhaite relater ici ma soirée de hier soir !
Invités à dîner chez des amis, nous formions un groupe d’une dizaine de personnes et les conversations allaient bon train : appréciations culinaires, politique, anecdotes de voisinage, et même, est-ce parce que j’étais là ?, culture des végétaux d’intérieur, efficacité des plantes (dites) dépolluantes ! Dans une ambiance bon enfant, la soirée se déroulait ma foi de façon fort plaisante…
Puis, l’une des personnes présentes se mit à aborder les dégâts dont furent victimes quelques arbres de son verger: « - Les castors viennent jusque chez moi et dévorent toutes mes pommes. Il y en a trop, ces animaux sont des nuisibles ! » Puis, d’expliquer qu’elle dut, dans un premier temps, consolider de plusieurs rangées de fil de fer barbelé le bas de sa clôture, cela à l'endroit précis où les animaux avaient pris l'habitude de passer. Toutefois, comme ces fichus castors parvenaient toujours à pénétrer sur ses terres, elle ajouta, tout de go, avoir mêlé au sol sableux de ce lieu de passage l'équivalent en tessons de plusieurs bouteilles de verre. Et de s’esclaffer, satisfaite, qu’elle les avait bien eu puisque, dès le lendemain, une longue traînée de sang était visible. Je rappelai bien sûr que les castors (Castor fiber) sont des animaux totalement protégés et qu’il convient, au contraire, de se réjouir du succès de leur réintroduction en Cévennes. Rien n’y fit !
Puis, la conversation bifurqua sur les hérons (Ardea cinerea): « - Ces bestiaux ont totalement vidé le Tarnon de ses truites ! Il n’y en a plus, on ne peut plus pêcher… Ils s’attaquent même à la pisciculture de Florac. Et des dizaines d’entre eux envahissent les arbres … » Là encore, j’eus beau tenter quelques explications (effectivement, mais uniquement en période de reproduction, les hérons se regroupent en colonies), cette personne restait sur ses positions. Et de conclure en affirmant que la nature est dans l’incapacité de s’autogérer et doit, en conséquence, être entièrement réprimée par l’homme…
Ensuite, le problème de la pollution fut abordé. Je laissai s’exprimer les différents intervenants et me contentai simplement de déplorer le fait que les environs de Florac soient souillés d’une quantité impressionnante de décharges sauvages et que le Tarnon soit toujours considéré par une partie de la population floracoise comme un providentiel dépotoir de proximité. La réponse fut sans appel : « - Ce sont les gens des villages alentours qui viennent souiller Florac. Quant aux détritus polluant le Tarnon, c’est la faute aux crues, et surtout des anciens qui n’y pouvaient rien (les pauvres !) si autrefois les déchetteries n’existaient pas… »
Quant à la pollution de la planète d’une manière générale, le problème fut rapidement éludé : « - Ce n’est pas nous voyons! Tout est de la faute de la Chine, de l’Inde et des États-Unis… »
Sans commentaire !


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