Si pour la parcelle principale du Jardin des bulbes à fleurs, je suis contraint d’utiliser une tondeuse, pour la petite parcelle en revanche, j’utilise une faux ! Quel outil pourrait être plus écologique ? Véritable tradition venue du fond des âges (des découvertes récentes tendraient à démontrer que son usage remonterait au IIIème siècle), son utilisation est relativement simple et musculairement peu fatigante. Par contre, bien que sa pratique soit agréable et ravisse les promeneurs, le fauchage n’en reste pas moins une affaire d’endurance, surtout sous un soleil de plomb !

Faux au repos.

Faucher reste une affaire d’endurance.
Ce faisant, à l’exception d’une couleuvre qui détala entre mes jambes, la faune du jardin n’est guère dérangée et son observation demeure extrêmement aisée. Par exemple, cette ruche souterraine de guêpes (Vespula germanica) dont l’ouverture était jusqu’alors camouflée par les plantes herbacées…

Guêpes (Vespula germanica) sortant de leur ruche.
Dans un massif d’hémérocalles, une magnifique araignée. De l’espèce Argiope bruennichi, celle-ci veille jalousement sur son cocon. Elle ne possède plus à ce stade de son existence de toile géométrique.

Argiope bruennichi, femelle avec son cocon.

Cocon d'Argiope bruennichi.
Chez cet arachnide (Arachnida), dont les couleurs ne sont pas sans rappeler celles de la guêpe, le dimorphisme sexuel est très marqué. Ainsi, la femelle, de dimension respectable, est dotée de couleurs vives, tandis que le mâle, de taille nettement inférieure et bien moins coloré, est bien plus discret.

Argiope bruennichi mâle (à gauche) tentant un tendre rapprochement. Il est généralement dévoré par la femelle après l'accouplement.

Argiope bruennichi jeune femelle.

Argiope bruennichi jeune femelle.
Lorsqu’elle façonne sa toile, cette espèce se distingue par son habitude à y constituer un stabilimentum, petit supplément de soie zigzagante, dont l’utilité, incertaine, laisse les spécialistes dubitatifs. Sert-il à attirer les insectes, à renforcer la toile, ou à en augmenter la sensibilité ?

Argiope bruennichi femelle mature, face dorsale, et stabilimentum.

Argiope bruennichi femelle mature, face ventrale.
Sur la photographie ci-dessus, un criquet est visible sur une feuille. Quelques secondes plus tard, surpris de me voir me redresser, il sauta directement dans la toile. Dès lors, il ne fallut guère plus de 3 ou 4 secondes à notre araignée pour l’entourer de sa soie.

Argiope bruennichi, femelle enrobant sa proie.

Argiope bruennichi femelle reprenant sa garde après avoir enrobé sa proie.
Le soir du jour où ces photographies furent prises, des orages accompagnés de trombes d’eau se sont abattus sur Florac et sa région. Curieux de savoir comment l’araignée allait protéger sa ponte, je découvrais le lendemain qu’elle s’était contentée de fermer l’ouverture du cocon avec de la soie. Cette protection peut certes apparaître comme très aléatoire. Pourtant, à l’heure où j’écris ces lignes, alors que la mère a disparu depuis deux jours (ses restes furent emportés par un frelon (Vespa crabro) après qu’il l’eut en partie dévorée sur place), le cocon est lui toujours présent. Apparemment d'une extrême fragilité, il est pourtant sensé protéger les œufs qu'il abrite jusqu'au printemps prochain, date de leur éclosion.

Argiope bruennichi femelle, face ventrale.