Toute la vie du jardin - août 2009 - Le blog de Laurent Lieser - Floriculteur spécialisé (Cévennes - Lozère Florac)
 
Le blog de Laurent Lieser - Floriculteur spécialisé (Cévennes - Lozère Florac)

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mardi 25 août 2009

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Colchiques dans les prés…

A l’instar de la tulipe, le colchique d'automne (Colchicum multiflorum, syn. Colchicum automnale) appartient à la famille des liliacées (Liliaceae). Bien qu’extrêmement toxique, cette plante bulbeuse très populaire conserve un statut un peu particulier. Est-ce parce que son nom est définitivement associé à une ravissante comptine, ou parce qu’elle se met à fleurir dès le milieu de l’été ?

Colchicum multiflorum. On l'appelle parfois safran des prés ou safran bâtard.

Colchicum multiflorum

Au Jardin des bulbes à fleurs, les 5/6 premières fleurs de cette population spontanée sont apparues en l’espace d’une seule nuit, il y a une semaine. Depuis, ce chiffre est en constante augmentation, et à l’heure actuelle ce sont plusieurs centaines de fleurs qui égayent la couverture végétale fanée de la prairie.

Colchicum multiflorum

Cependant, il est curieux de constater que la totalité des plantes actuellement en fleurs vivent exclusivement à l’ombre imposante de quelques noyers.

Colchicum multiflorum

Les colchiques présentent la particularité de s’épanouir à une période de l’année où ils ne possèdent pas de feuilles. Et pour cause, celles-ci se développeront bien plus tard en saison et resteront actives jusqu’au début de l’été prochain.

Colchicum multiflorum

lundi 17 août 2009

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aoû '09

De bonne volonté, les lis…

L’atmosphère paraît figée. Obligeant les touristes à se ruer vers les rafraîchissantes rives du Tarnon et de la Mimente, la canicule gagne doucement Florac. Au sein de la prairie du Jardin des Bulbes à Fleurs, à l’exception de la luzerne et du liseron, que la nature a doté d’interminables et très efficaces racines souterraines, les plantes herbacées sont mortes, brûlées, desséchées…

Pourtant, bien que plantés récemment (mais trop tardivement), certains lis, installés en bordure de la ripisylve, parviennent malgré les températures élevées à assurer une floraison.

De la catégorie des lis asiatiques, Lilium ‘Salmon Twinkle’ ne dépasse guère les 35 cm. Lorsqu’il sera parfaitement acclimaté, il sera un brin plus grand.

Lilium ‘Salmon Twinkle’.

De type oriental, cet exemplaire de Lilium ‘Muscadet’ devrait lui aussi être plus grand l’année prochaine. Couramment proposée en potées fleuries, cette variété peut atteindre 80 cm en pleine terre.

Lilium ‘Muscadet’.

Lilium ‘Anastasia’ est un hybride entre un lis oriental et un lis trompette. Il porte une fleur dont la forme est absolument parfaite.

Lilium ‘Anastasia’.

A juste titre, Lilium ‘Black Beauty’ est l’un des lis orientaux des plus populaires. Quelques exemplaires furent installés en situation définitive sous d’immenses hêtres. Ils y bénéficient toutefois de plusieurs heures de soleil par jour. L'une des fleurs présentées ici possède une particularité. Sauriez-vous dire laquelle ?

Lilium ‘Black Beauty’.

Lilium ‘Elodie’ est un lis asiatique à fleurs semi-doubles. Sur ces photos, il est facile de constater que la rangée de « pétales » supplémentaire est constituée d’étamines pétaloïdes. Conséquence d'une telle mutation, ces fleurs ne sont plus en mesure de produire de pollen.

Lilium ‘Elodie’.

Lilium ‘Elodie’.

vendredi 7 août 2009

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aoû '09

Une si jolie araignée…

Si pour la parcelle principale du Jardin des bulbes à fleurs, je suis contraint d’utiliser une tondeuse, pour la petite parcelle en revanche, j’utilise une faux ! Quel outil pourrait être plus écologique ? Véritable tradition venue du fond des âges (des découvertes récentes tendraient à démontrer que son usage remonterait au IIIème siècle), son utilisation est relativement simple et musculairement peu fatigante. Par contre, bien que sa pratique soit agréable et ravisse les promeneurs, le fauchage n’en reste pas moins une affaire d’endurance, surtout sous un soleil de plomb !

Faux au repos.

Faucher reste une affaire d’endurance.

Ce faisant, à l’exception d’une couleuvre qui détala entre mes jambes, la faune du jardin n’est guère dérangée et son observation demeure extrêmement aisée. Par exemple, cette ruche souterraine de guêpes (Vespula germanica) dont l’ouverture était jusqu’alors camouflée par les plantes herbacées…

Guêpes (Vespula germanica) sortant de leur ruche.

Dans un massif d’hémérocalles, une magnifique araignée. De l’espèce Argiope bruennichi, celle-ci veille jalousement sur son cocon. Elle ne possède plus à ce stade de son existence de toile géométrique.

Argiope bruennichi, femelle avec son cocon.

Cocon d'Argiope bruennichi.

Chez cet arachnide (Arachnida), dont les couleurs ne sont pas sans rappeler celles de la guêpe, le dimorphisme sexuel est très marqué. Ainsi, la femelle, de dimension respectable, est dotée de couleurs vives, tandis que le mâle, de taille nettement inférieure et bien moins coloré, est bien plus discret.

Argiope bruennichi mâle (à gauche) tentant un tendre rapprochement. Il est généralement dévoré par la femelle après l'accouplement.

Argiope bruennichi jeune femelle.

Argiope bruennichi jeune femelle.

Lorsqu’elle façonne sa toile, cette espèce se distingue par son habitude à y constituer un stabilimentum, petit supplément de soie zigzagante, dont l’utilité, incertaine, laisse les spécialistes dubitatifs. Sert-il à attirer les insectes, à renforcer la toile, ou à en augmenter la sensibilité ?

Argiope bruennichi femelle mature, face dorsale, et stabilimentum.

Argiope bruennichi femelle mature, face ventrale.

Sur la photographie ci-dessus, un criquet est visible sur une feuille. Quelques secondes plus tard, surpris de me voir me redresser, il sauta directement dans la toile. Dès lors, il ne fallut guère plus de 3 ou 4 secondes à notre araignée pour l’entourer de sa soie.

Argiope bruennichi, femelle enrobant sa proie.

Argiope bruennichi femelle reprenant sa garde après avoir enrobé sa proie.

Le soir du jour où ces photographies furent prises, des orages accompagnés de trombes d’eau se sont abattus sur Florac et sa région. Curieux de savoir comment l’araignée allait protéger sa ponte, je découvrais le lendemain qu’elle s’était contentée de fermer l’ouverture du cocon avec de la soie. Cette protection peut certes apparaître comme très aléatoire. Pourtant, à l’heure où j’écris ces lignes, alors que la mère a disparu depuis deux jours (ses restes furent emportés par un frelon (Vespa crabro) après qu’il l’eut en partie dévorée sur place), le cocon est lui toujours présent. Apparemment d'une extrême fragilité, il est pourtant sensé protéger les œufs qu'il abrite jusqu'au printemps prochain, date de leur éclosion.

Argiope bruennichi femelle, face ventrale.