Toute la vie du jardin - juillet 2009 - Le blog de Laurent Lieser - Floriculteur spécialisé (Cévennes - Lozère Florac)
 
Le blog de Laurent Lieser - Floriculteur spécialisé (Cévennes - Lozère Florac)

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jeudi 30 juillet 2009

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juil '09

Les invasives*(suite).

Comme son bois est intéressant, sa fleur parfumée et son miel délicieux (le miel d’acacia, c’est lui !). Pourtant, que nous l’appelions robinier, faux-acacia, ou robinier faux-acacia, Robinia pseudoacacia n’en est pas moins une plante extrêmement invasive : une vraie peste ! De la famille des Fabacées (Fabaceae), cet arbre, natif d’Amérique du Nord, fut introduit en France en 1601 par Jean Robin. Si, en région parisienne, il colonise terrains vagues et bordures de voies ferrées, ici en Lozère, il infeste des pans entiers de montagnes, des ravins, étouffant toute végétation spontanée. La flore inféodée aux rives des cours d’eau se voit elle aussi entravée, asphyxiée…

A Florac, les rives du Tarnon sont infestées par les robiniers (Robinia pseudoacacia). Par endroit, la végétation est constituée à 100% de plantes invasives.

Robinia pseudoacacia, détail des feuilles.

Autre invasive que l’on rencontre fréquemment dans notre pays, la renouée du Japon (Fallopia japonica). Native d’Asie orientale, elle s’est si bien acclimatée chez nous, qu’elle est désormais inscrite sur la liste des espèces dont la prolifération devient menaçante pour la flore spontanée. Ici, elle gagne elle aussi les rives du Tarnon. Ailleurs en Lozère, je l’ai vu percer, puis traverser le bitume qui recouvre les routes de certains villages.

Renouée du Japon (Fallopia japonica), plan général.

Renouée du Japon (Fallopia japonica), détail.

Renouée du Japon (Fallopia japonica), détail des tiges.

Plus étonnant, mais avec l’habitude qu’ont certains de se débarrasser de leurs déchets végétaux dans les rivières, est-ce réellement surprenant ?, j’ai découvert de vigoureux bambous (Phyllostachys sp.) sur les rives du Tarnon, quelques inattendus exemplaires de papyrus à feuilles alternes (Cyperus alternifolius), ainsi qu’une impressionnante station de… tomates (Solanum lycopersicum) parfaitement acclimatées. Vu la quantité de plantes présentes, il ne fait aucun doute que cette population se ressème d’elle-même depuis des années.

A Florac, pied de tomate (Solanum lycopersicum) sur les rives du Tarnon.

Solanum lycopersicum. Station constituée de plusieurs centaines d’individus.

  • Article général, les végétaux mentionnés ne sont pas présents sur le site du Jardin (Naturaliste) des Bulbes à Fleurs.

dimanche 26 juillet 2009

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juil '09

Les invasives.

Savez-vous qu’aujourd’hui les espèces invasives (ou envahissantes) constituent à travers le monde l’une des causes principales de perte de la biodiversité ? On connaît tous par exemple les conséquences dramatiques qu’ont eues, depuis les années 70, les lâchers de tortues de Floride (Trachemys scripta elegans) sur les populations de cistudes d’Europe (Emys orbicularis). Ou encore le cas des écureuils de Corée (Tamia striatus) que l’on trouve aujourd’hui en remplacement des écureuils roux (Sciurus vulgaris), qui sont eux bien de chez nous, dans les principales forêts de la région parisienne. Sans parler du rat musqué (Ondatra zibethicus) ou du ragondin (Myocastor coypus) qui dégradent désormais les rives des cours d’eau de nombreuses régions de France et d’Europe.

Malheureusement, le monde végétal n’est pas épargné, loin s’en faut ! Ici, au cœur du Parc National des Cévennes, la situation n’est d’ailleurs guère plus enviable que dans certains territoires plus urbanisés. Les ailantes* (Ailanthus altissima) par exemple, natifs de Chine et introduits en Europe dès le XVIIIème siècle, ils se portent aussi bien ici qu’en région parisienne. Quant à Buddleja davidii*, vous savez, ce si joli arbre à papillons dont les fleurs sentent l’urine, il envahit désormais les rives de la plupart des cours d’eau tandis Escholtzia californica* part lui à l'assaut des rocheuses cévenoles. Quand on songe qu’il se trouve encore de vénaux horticulteurs pour proposer toutes ces plantes à la vente…

Ailanthus altissima. L'ailante, une peste dont il est quasiment impossible de se débarrasser.

Ailanthus altissima, détail.

Buddleja davidii, l'arbre à papillons.

Détail des fleurs de Buddleja davidii.

Au jardin de bulbes, je découvre que la situation est dramatique !

Par exemple, les topinambours (Helianthus tuberosus) : cette Astéracée (Asteraceae) jadis cultivée comme légume, ses tubercules sont très riches en inuline, est partout présente. Et si je pourrais m’accommoder ou détruire un massif de taille raisonnable, je ne vois pas comment assainir des surfaces de plusieurs m2. Les traitements chimiques ? Hors de question, le Tarnon coule à quelques mètres. Une bâche noire déposée sur le sol ? Possibilité intéressante, mais peu adaptée aux surfaces non cultivées. A la main ? Une telle tâche me semble inconcevable. D’autant que les topinambours ne sont pas les seuls à envahir le jardin des bulbes à fleurs.

Helianthus tuberosus

Helianthus tuberosus

Ainsi, les verges d’or (Solidago gigantea) sont un véritable cauchemar puisqu’elles ne couvrent pas moins de 100 m2 répartis sur au moins 4 sites attenants au Tarnon.

Solidago gigantea, la verge d'or, dont certains horticulteurs peu scrupuleux proposent désormais des formes nanifiées.

Les plantes invasives sont opportunistes. En effet, elles colonisent fréquemment des emplacements qui furent, d’une manière ou d’une autre, déséquilibrés. Au jardin des bulbes, c’est précisément ce qui s’est passé. En effet, des années durant, les arbres riverains y furent coupés, contrariés, brûlés. Exit les aulnes, les fresnes et les noisetiers, vive le Solidago ! Toute prétention mise à part, je serais tenté de dire : heureusement que je suis arrivé ! En une année, les souches repartent de la base. Arbres et arbustes vont à nouveau pouvoir s’exprimer librement et je suis absolument persuadé qu’en quelques années l’ombrage généré jugulera, un peu à la manière d’une bâche posée sur le sol, la croissance de ces fichues invasives, adoratrices du soleil.

Une colonie de verges d'or (Solidago gigantea) en bordure du Tarnon.

Native d’Amérique du Nord et plus innocente, l’onagre. Oenothera biennis est cultivée en phytothérapie pour ses nombreuses qualités. Néanmoins, les quelques exemplaires qui existaient au jardin de bulbes, furent pour la plupart fauchés par mes soins ces derniers jours.

Oenothera biennis, détail de la fleur.

Oenothera biennis, vue générale.

Quant aux redoutables trompettes de la mort (Datura stramonium), dont je retrouvai dernièrement des capsules remplies de graines (voir billet du jeudi 26 février 2009), je n’en ai pas observé de nouvelles. Peut-être que leur emplacement privilégié, maintenu cette année à l’état de prairie, ne leur convenait plus ?! Je ne peux que m’en réjouir…

  • Végétaux non présents sur le site du Jardin (Naturaliste) des Bulbes à Fleurs.

mercredi 22 juillet 2009

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juil '09

Chaleur et sécheresse...

Au jardin des bulbes à fleurs, la chaleur est insoutenable. Et tandis que, dans un vacarme assourdissant, la sécheresse fait craquer de belles branches de hêtres, les pommiers développent une récolte qui s'avère prometteuse.

Durant cette période estivale, les plantes en phase de naturalisation nécessitent quelques petits soins qui, s’ils peuvent nous paraître totalement négligeables, n’en n’ont pas moins une certaine répercussion sur leur capacité à refleurir, voire sur leur santé.

Par exemple, les tulipes. Celles-ci viennent de contrées où les étés sont brûlants de soleil. En conséquence, au jardin, il est conseillé de leur réserver un emplacement sec et ensoleillé. Pour ma part, de désherbage en désherbage, je m’évertue même à conserver leurs emplacements totalement nus afin que le sol emmagasine au maximum la chaleur du soleil.

A l’exception de quelques espèces de rocaille, les narcisses apprécient quant à eux un sol conservant une part d’humidité et de fraîcheur. Comme mes plantes se trouvent en plein soleil, je me contente de recouvrir les lieux plantés de plusieurs centimètres de résidus de tonte. Ce paillis jouera son rôle protecteur tout l’été puis se décomposera dès les premières pluies d’automne. Ce faisant, il contribuera d’ailleurs directement à l’enrichissement du sol.

Malgré les visites régulières d’un blaireau, celui-ci creusant un peu partout autour des plantes, les lis poursuivent leurs floraisons. En bordure de la ripisylve, le sol sableux et humifère semble particulièrement leur convenir, bien que je sois contraint de les arroser régulièrement.

Lilium ‘African Queen’

Lilium ‘Triumphator’

Lilium leichtlinii est une espèce botanique native de l’est de l’Asie et du Japon. C’est une plante magnifique qui passe pour être difficile à conserver, ce que je n’ai pas remarqué ! Dès lors qu’elle est cultivée dans des conditions appropriées, une plante ne devient-elle pas facile à maintenir ?!

Lilium leichtlinii

Parfaitement rustique, Eucomis bicolor provient d’Afrique du Sud. Cette bulbeuse extrêmement originale fait partie de ce que les professionnels du végétal appellent « exemple de diversification ». Eh oui ! Vous ne le saviez peut-être pas mais les fournisseurs et les producteurs sont constamment à l’affût de « la » plante qui leur permettra de maintenir à flot un marché horticole à la limite de l’essoufflement. Cela permet au grand public de découvrir des plantes intéressantes et tout à fait désirables, comme ces Eucomis, ou de se faire berner (plantes invasives, espèces inadaptées au climat français, végétaux traficotés chimiquement ou génétiquement, nanifiés, gadgétisés, voire teintés artificiellement…). A chacun d’être très vigilant !

Eucomis bicolor

Le téléphore fauve (Rhagonycha fulva) se rencontre habituellement sur les ombellifères. Or, je découvre que les Eucomis l’attirent irrésistiblement. J’ai ainsi pu en observer plus d’une douzaine sur une seule hampe florale.

Rhagonycha fulva sur Eucomis bicolor.

mercredi 15 juillet 2009

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Il y a lis et lis...

Dans un coin reculé du jardin des bulbes furent installés les lis. Bien que plantés très tardivement, et malgré la chaleur de ces derniers jours, ils sont de toute beauté. Devant tant de majesté, il est facile de comprendre pourquoi le genre Lilium déclenche de telles passions dans de nombreux pays. Ainsi, aux États-Unis par exemple, plusieurs associations leur sont consacrées et les membres exposent leurs plus belles plantes lors de concours où les plus méritantes d’entre-elles se voient primées. D’autres adhérents, véritables spécialistes, focalisent toutes leurs attentions sur la culture et la multiplication de plantes botaniques menacées d’extinction.

Si l’on se réfère à la classification horticole, Lilium ‘Pink Perfection’ et Lilium ‘Golden Splendour’ sont tous deux des lis trompette. Il est généralement conseillé de les tuteurer, car leur taille peut être imposante. Cependant, comme je suis un farouche opposant aux artifices et aux idées pré-établies, j’ai choisi de ne tuteurer aucun lis. Après tout, comment font-ils dans la nature ? Avec l’idée que cela les contraindrait, peut-être, à pousser droit puis le rester, je me suis donc contenté de les installer au beau milieu d’une végétation herbacée spontanée assez haute. Résultat, tout se passe bien et je ne déplore aucune plante brisée, cela alors que je cultive des dizaines de lis. Par contre, je reconnais que leurs tiges demeurent légèrement plus courtes. En revanche, elles sont particulièrement robustes.

Lilium ‘Pink Perfection’

Lilium ‘Golden Splendour’

Lis asiatique, Lilium ‘Fata Morgana’ est un hybride à fleurs semi-doubles dont la culture, je dois le reconnaître, ne déclenchait pas chez moi un enthousiasme particulier. Or, j’ai changé d’avis lorsqu’un matin, je découvrais sa multitude de fleurs lumineuses à la texture cireuse recouvertes de rosée. Ici, la plante adulte ne dépasse guère les 45 cm.

Lilium 'Fata Morgana'

Lilium x. Cette plante non identifiée est apparue par erreur dans un lot. Dois-je le regretter ?

Lis d’un jour, mais sans être du genre Lilium, les hémérocalles (Hemerocallis) déclenchent eux aussi toutes les passions. Ces dernières années, quelques obtenteurs en ont développé des cultivars d’une beauté époustouflante. Malheureusement, le prix de la plupart de ces plantes de qualité supérieure, aussi abusif qu’incompréhensible, décourage certainement nombres d’amateurs potentiels tout en étouffant dans l’œuf maintes vocations.

Hemerocallis 'Ruby'

Hemerocallis 'Siloam Double Classic'

En Lozère, la saponaire officinale (Saponaria officinalis) est désormais en pleine floraison. Par exemple, les bords pierreux et sableux du Tarnon lui offrent un milieu favorable. Parce que cette plante contient une quantité importante de saponine, un composé moussant très efficace, elle était jadis utilisée par les femmes pour laver le linge.

Saponaria officinalis

Sous les hêtres de la ripisylve, les Epipactis se sont enfin épanouis. Ils sont de l’espèce E. helleborine. Plus facile à retenir, leur nom vernaculaire est épipactis à feuilles larges.

Epipactis helleborine

Epipactis helleborine

dimanche 12 juillet 2009

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Derniers bulbes et jolies graines...

Savez-vous ce que ces bulbes de Tulipa kaufmanniana ‘Showwinner’, retirés du sol ce matin même, présentent de particulier ? Tout simplement, ce sont les derniers bulbes que j’ai eu à déterrer pour cette année ! Cependant, parce que j’espère les naturaliser, beaucoup de souches resteront désormais en terre. L’été s’annonce chaud et sec, tout devrait donc bien se passer.

Bulbes de Tulipa kaufmanniana ‘Showwinner’

Ce n’est pas la première fois que je constate combien des tulipes récemment acquises, et donc cultivées antérieurement de façon traditionnelle (engrais de synthèse, etc.) sont plus vulnérables aux attaques des champignons du sol. Généralement et fort heureusement, il suffit de deux ou trois ans de culture biologique pour qu’elles se réadaptent à une vie sans artifice chimique et retrouvent une plus grande résistance. Le tout est d’en être prévenu et de ne pas se décourager lorsqu’on retire du sol des bulbes dont les parties mortes sont totalement (ou partiellement) recouvertes de répugnantes moisissures bleues, grises, jaunes ou blanches…

Bulbes dont les parties mortes sont en partie moisies.

Cette année, désireux de récupérer des graines, j’ai volontairement « laissé grainer » de nombreuses tulipes. Cela m’aura permis de récolter une grande quantité de graines saines.

Capsules de Tulipa greigii 'Grand Gala'

Normalement, une capsule de tulipe est tripartite. Pourtant, il arrive parfois qu’elle soit bipartite. Cela reste néanmoins exceptionnel !

Capsule bipartite (en haut) et capsule tripartite.

Capsule bipartite (gauche) et capsule tripartite.

Je m’adonne rarement à cette activité de récolte des graines car une plante qui développe une capsule, puis des graines, perd jusqu’à 50%, voire 60% du poids de son bulbe. Je suis donc à peu près certain de devoir régénérer mes plantes au moins une année avant de les voir refleurir. Et oui, fleurs à venir ou graines, le tulipophile est parfois confronté à des choix bien difficiles ! Mais quand je vois la qualité des graines récoltées, quelle satisfaction.

Graines de tulipes. Au milieu des graines, le petit "tiret" clair n'est rien d'autre que le germe de la futur plantule.

Graines de tulipes.

Au terme de cette première année de culture sur ce nouveau site, il m’est une observation que je tiens absolument à noter ici : malgré un sol infesté de larves d’insectes (larves de taupins, de hannetons, etc.) et d'insectes divers, je n’ai à déplorer quasiment aucune perte. Certes, quelques bulbes furent en partie grignotés (présence de petits trous), mais sans conséquence aucune pour leur avenir. Quant aux redoutés campagnols et aux souris, je n’ai constaté aucun dégât dont je pourrais les accuser. Enfin, alors qu'au mois d'avril certains visiteurs s'étonnaient de trouver mes tulipes au milieu de « mauvaises » herbes, je peux affirmer maintenant n’avoir observé aucune infestation de pucerons de toute la saison, cela grâce à leur présence qui a incité nombre de petits prédateurs (coccinelles, etc.) à vivre sur place. Pari réussit donc !

En conclusion, lorsqu’une culture ne dénature pas le site sur lequel elle est implantée, elle se voit aussitôt intégrée dans un équilibre global, ce dont les plantes cultivées bénéficient ensuite directement.

Staphylinus olens, dit « diable », dans un trou de plantation. Cet insecte nécrophage se nourrit aussi de petites limaces et autres larves d'insectes.

jeudi 9 juillet 2009

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juil '09

Chères vivaces, mignonnes bulbilles...

Au jardin des bulbes à fleurs s’épanouissent désormais les vivaces. Rapportées de mon ancien jardin et installées cet automne, elles sont encore peu développées. Je suis pourtant très satisfait de les retrouver aussi vigoureuses. Cela d’autant plus que j’avais profité de l’occasion pour diviser certaines souches : opération réussie !

Cette capacité qu’ont les végétaux de se multiplier de façon végétative m’a toujours fasciné. Par exemple, ce magnifique Helenium hybride auquel son obtenteur a donné le nom de ‘Moerheim Beauty’. Figurez-vous qu’à partir d’un minuscule godet, j’ai obtenu, en seulement trois ans, 7 robustes plantes adultes.

Helenium ‘Moerheim Beauty’

Les hémérocalles possèdent eux aussi cette vigueur incroyable. De fait, s’il vous prenait l’envie de déplacer vos plantes, sachez qu’il vous suffira d’oublier un fragment de racine dans le sol et c’est une plante entière qui se reconstituera en une seule année.

Hemerocallis ‘Apricot Beauty’

D’autres vivaces, en revanche, supportent difficilement d’être déplacées. Ainsi cet Echinacea purpurea a perdu de sa superbe. Qu’importe ! Beaucoup de soleil et quelques arrosages devraient lui permettre de reconstituer un solide système racinaire avant l’automne.

Echinacea purpurea

Pour ceux que cela intéresse, je n’ai toujours pas terminé de déterrer mes tulipes. Cette semaine, j’ai choisi de me consacrer plus particulièrement aux semis. Quelle satisfaction de découvrir de jeunes bulbes en pleine santé. Mais l’élevage de tulipes est une affaire de patience, et je n’espère aucune fleur avant au moins trois ans !

Tulipa vvedenskyi de deux ans. Sur certaines d’entre-elles, il est possible de distinguer, dans la partie supérieure, les restes de la bulbille plantée en 2008. Cela nous montre clairement que durant sa période d’activité, la jeune plante s’est laissée « couler » afin de se régénérer quelques centimètres plus bas. C’est un processus naturel qui lui permet de se positionner d’elle-même à une profondeur apte à la protéger au mieux des agressions thermiques.

Tulipa greigii de deux ans. Comme pour la photographie précédente, ce que nous pourrions prendre pour une tige nous indique le trajet descendant parcouru par la plante.

Tulipa sylvestris x whittallii de quatre ans.

Une nouvelle taupe est arrivée en bordure de la ripisylve. Celle-ci semble bien décidée à ne rien laisser d’inutile encombrer ses galeries.

Truffe rejetée par une taupe.

jeudi 2 juillet 2009

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juil '09

Dans les Cévennes, le lis martagon...

Qui ne connaît le lis martagon ?

Lilium martagon

Lilium martagon, c’est son nom latin, fut décrit par Linné en 1753. C’est une plante bulbeuse dotée d’une remarquable floraison estivale qui vit dans la plupart des montagnes françaises.

Zygaena loti et Lilium martagon

Aporia crataegi et Lilium martagon. Les ailes de ce gazé sont en partie recouvertes du pollen de la fleur.

S’il est protégé dans plusieurs régions et départements, ce n’est toutefois pas le cas en Lozère. Et c’est bien regrettable ! Je dis cela parce que le cas échéant, cela m’aurait peut-être évité de le rencontrer dans une situation aussi dramatique que celle dans laquelle je l’ai découvert aujourd’hui.

Des tonnes de plâtras...

Imaginez un départ de sentier forestier jonché de part et d’autre de détritus, et surtout, encombré de plusieurs tonnes de gravats, de blocs de ciments, etc… A la vue de ce triste spectacle, n’est-il pas décourageant de songer que la Lozère est pourtant équipée de déchetteries modernes et performantes ? C’est de l’autre côté de ces plâtras que se trouve une station du célèbre lis martagon.

Vue partielle de la station.

Tige en fin de floraison.

Les plantes, au nombre d’une cinquantaine environ, sont en fin de floraison. Belles sauvageonnes qui luttent contre la fermeture inéluctable du milieu, tout en dominant une importante végétation herbacée. Ce magnifique spectacle, inattendu, me laisse sans voix !

Vue partielle de la station.

Capsules vides (floraison 2008).

Ayant eu l’occasion de rendre visite à ces plantes deux fois à quelques jours d’intervalle, j’ai constaté que de nouveaux dépôts de débris sont venus s’amonceler. De là à imaginer que cette station de lis martagon pourrait finir par être ensevelie par les déchets de maçonnerie, il n’y a malheureusement plus que quelques petits pas…

Lilium martagon