Depuis plus de deux ans, je recherchais une portion de terre afin d’y cultiver certes mes tulipes, mais aussi bien d’autres plantes bulbeuses. J’y suis ! Depuis le mois d'octobre 2008, je dispose d’une jolie parcelle ensoleillée située à quelques pas de Florac, au centre du Parc National des Cévennes. Si une partie de cet espace est réservé à mes cultures professionnelles (cultures artisanales de plantes bulbeuses), le reste est destiné à abriter de nombreuses plantes bulbeuses qui auront pour vocation de s’y naturaliser, cela afin d’exprimer librement le comportement inhérent à leur espèce. L’idée de ce qui pourrait être qualifié de petite « réserve naturelle » pour bulbes à fleurs m’est venu il y a des années de cela, lorsque je visitais le célèbre parc du Keukenhof en Hollande, magnifique certes, mais si artificiel. Combien de massifs y restent en place plus de quelques mois, combien de kg d’engrais chimiques y sont répandus annuellement, et combien de plantes sont jetées après avoir été utilisées une seule fois ? …

Ainsi, à l’heure où fleurissent sur Internet les blogs jardiniers, pourrait-il être intéressant de rapporter ici, très simplement, des instants de la vie de cette petite portion de nature, cela afin de les partager avec quelques lecteurs de passage ? Je le crois, depuis que j’y ai installé mes premières plantes…

Le site :

Cette parcelle agricole (composée en fait d’une grande et d’une petite parcelle séparée par un ravin d’où s’écoule les eaux pluviales) de près d’1 ha borde le Tarnon (le Tarnon est une rivière qui prend sa source dans le Massif du mont Aigoual. Elle coule dans le Parc National des Cévennes avant de se jeter dans le Tarn.). En conséquence, elle est composée sur toute sa longueur d’une ripisylve à sol sableux qui abrite quelques superbes hêtres, des aulnes, deux ou trois jeunes chênes, des saules, de nombreux buis, des euphorbes. Le reste de la parcelle est une ancienne prairie de fauche. Deux arbres fruitiers, plusieurs noyers…

Le projet :

Véritable conservatoire botanique, Le Jardin (naturaliste) des bulbes à fleurs est un espace naturel respecté dont l’identité patrimoniale est préservée, et sur lequel ont ou seront amené à prendre place plusieurs collections végétales d’importance (tulipes botaniques, narcisses, bulbeuses diverses…). L’objectif étant de laisser s’exprimer, au sein d’une prairie fleurie, des végétaux naturalisés, c'est-à-dire manifestant librement le comportement représentatif de leur espèce, cela dans des conditions de vie souhaitées les plus naturelles possibles. Il convient de se rappeler que la finalité du jardin n’est pas l’esthétisme, mais bien plutôt l’observation et l’étude de la nature à travers le comportement végétal.

L’ensemble du site est géré et entretenu selon les principes de l’agriculture biologique, d’une manière générale la nature y est considérée comme une alliée. Les plantes invasives, susceptibles de gagner la nature environnante, en sont scrupuleusement écartées. Les végétaux spontanés, remarquables, intéressants, ou simplement jolis, sont non seulement pris en compte, mais aussi encouragés (orchidées, primevères, violettes, etc.). En dehors des animaux sauvages pouvant poser problèmes (sangliers par exemple), tout sera mis en œuvre pour y préserver la faune sauvage. Depuis février 2010, le Jardin (naturaliste) des bulbes à fleurs est également Refuge LPO.

L'homme (Laurent Lieser):

(C'est-à-dire moi !) Il a pris conscience, il y a quelques années, qu’il est parfois nécessaire de quitter le confort d’un emploi stable (agent de maîtrise pour un grand groupe de jardinerie) et la (relative) sécurité des grandes villes, pour tenter de réaliser ses rêves, c'est-à-dire : vivre au quotidien une nature préservée, gagner sa vie en exerçant son métier de floriculteur, cultiver ses plantes dans de bonnes conditions, tenter de sensibiliser ses semblables à la beauté et à la vulnérabilité de la nature. Pour l’instant, il fait de son mieux et ne rechigne jamais devant un occasionnel coup de main !

Toute la vie du jardin