Ces derniers jours, des pluies très importantes ont généré en Lozère des crues que les journaux qualifient d’historiques. On parle de 5,50 m à Florac…

A l’exploitation, la ripisylve fut dévastée, défigurée par le Tarnon. Le paysage est méconnaissable. Par exemple, aucun aulne n’a résisté…

En arpentant la parcelle, mes sentiments furent identiques à ceux que j’éprouvais en 1998, lorsqu’au lendemain de la fameuse tempête je m’étais rendu au bois de Vincennes : un mélange d’étonnement, de stupeur, de tristesse et d’impuissance…

Les rares arbres qui ne furent pas arrachés sont pliés, cassés, balafrés, voire ensevelis sous le sable ou les débris végétaux.

Les lieux ne sont plus ce qu’ils étaient. Des murets se sont écroulés, des noyers furent couchés par les eaux. Ici, des trous et des crevasses se sont formés, ailleurs des monticules de sable sont apparus. Ma clôture fut emportée, et au moment où j’écris ces lignes, certains piquets, encore fixés à leur grillage, sont accrochés, emmêlés dans les branches, tandis que d’autres pendent tristement dans la rivière. Je ne sais même pas s’il me sera techniquement possible de les dégager. La plupart des nichoirs ont été arrachés…

Ci-dessous, disparue la jolie petite porte en bois, englouti l’aire de nourrissage destiné aux oiseaux…

Ci dessous, cet emplacement au sol sableux et humifère, abritait mes cultures de lis (plusieurs centaines de plantes). Ils furent totalement emportés par les eaux.

Le bassin qui abritait petits crapauds, larves de libellules et espèces végétales protégées fut plié, écrasé, broyé par les mouvements du sol. Comme il ne contient plus d’eau, j’en conclu qu’il est percé…

Ci-dessus, la ligne de feuilles permet de voir le niveau maximal de la crue.

Des quantités impressionnantes de détritus (plastiques, tuyaux, bidons…) furent apportés et déposés sur les rives. Aurais-je le courage de ramasser pour la xème fois ces déchets qui ne sont pas les miens ?

Le travail de nettoyage est important, trop important pour le modeste jardinier botaniste que je suis et qui ne dispose que d’une simple scie. Je ne sais pas quoi faire et vais me contenter au cours des prochains jours de remettre rapidement une clôture pour protéger le reste des cultures. Tout ce qui faisait le charme du jardin n’existe plus aujourd’hui et des années seront nécessaires à la végétation pour se régénérer.

Petits miracles : les cultures de tulipes, de narcisses, et de pivoines ne furent pas touchées. La Collection nationale de tulipes est indemne, ainsi que les collections d’Iris (des jardins, hollandica et Juno). Aucun des arbres plantés par mes soins ne fut arraché. Et enfin, après avoir été noyée sous 1 m d’eau, la planche principale de semis de tulipes fut miraculeusement préservée.