septembre 2011 - Le blog de Laurent Lieser - Floriculteur spécialisé (Cévennes - Lozère Florac)
 
Le blog de Laurent Lieser - Floriculteur spécialisé (Cévennes - Lozère Florac)

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lundi 19 septembre 2011

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Tulipa fosteriana et compagnie…

C’est en prospectant les montagnes proches de Samarcande, en Ouzbékistan, que Joseph Haberhauer, un entomologiste réputé qui fut aussi l’un des collecteurs de la célèbre firme hollandaise Van Tubergen, découvrit en 1904, une tulipe de taille moyenne porteuse d’une immense fleur rouge à cœur noir. Celle-ci fut aussitôt décrite en hommage à Sir Michael Foster (1836 – 1907). Curieusement, alors qu’elle est une véritable plante sauvage, elle se vit rapidement attribuer un nom de cultivar (‘Red Emperor’). Plus étonnant, elle fut rebaptisée ‘Mme Lefeber’ en 1931. Après tout, pourquoi faire simple, lorsque l’on peut faire compliqué ? Quoi qu’il en soit, ces deux appellations sont aujourd’hui valables.

Tulipa fosteriana 'Princeps'

Quelques années plus tard, en 1908 pour être plus précis, une merveilleuse forme naine fut découverte dans la nature. Elle fut à son tour baptisée et devint officiellement ‘Princeps’, en hommage à H.R.H. Prince Hendrik du Danemark. Cette dernière est selon moi l’une des plus jolies tulipes botaniques. En fait, sa fleur a un curieux pouvoir attractif qui fait que, si j’ai le malheur de plonger mon regard à l’intérieur, je ne parviens plus à m’en détacher. Ne vous est-il jamais arrivé de vous asseoir par terre, à côté d’une plante, et de rester là, un peu bêtement, à apprécier pendant quelques minutes sa beauté et sa proximité ? Si la réponse est oui, vous savez donc de quoi je parle !

En plus de sa flamboyante floraison, cette nouvelle tulipe s’avéra extrêmement résistante et capable de s’adapter facilement à la plupart des jardins dans lesquels elle fut introduite. En conséquence, elle devint l’objet de toutes les attentions, et de nombreuses variétés furent obtenues en culture. Aujourd’hui, l’espèce comprend des plantes à fleurs rouges, mais aussi à fleurs blanches, jaunes et orange, voire bicolores. Ces plantes ont toutes conservé la grande rusticité de l’espèce. Il m’arrive fréquemment d’utiliser le qualificatif d’increvables lorsque je les évoque.

Tulipa fosteriana'' 'Rosy Dream'

Dans leurs tentatives de transmettre aux variétés horticoles sa robustesse, les obtenteurs l’hybridèrent avec succès à de nombreuses tulipes Darwin. C’est ainsi que fut créée la catégorie dite « hybrides de Darwin » dont la représentante la plus célèbre est la fameuse tulipe ‘Apeldoorn’.

Tulipa fosteriana se cultive sans difficulté et refleurit chaque année avec fidélité. Je la conseille pour une naturalisation en pelouse ou en massif. De plus, elle constitue d’impressionnantes potées fleuries et de merveilleux bouquets.

samedi 10 septembre 2011

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Tulipa sylvestris, Tulipa clusiana...

Ça y est, Septembre est là ! Et avec lui, les premières floraisons automnales. Je peux d’autant plus en témoigner que je me suis retrouvé hier à genoux dans l’herbe, à faire des grands « Oh » et des grands « Ah » d’admiration devant l’adorable floraison d’Acis automnalis.

Mais l’automne, c’est aussi la période de plantation des bulbeuses à floraison printanière. A ce titre, on m’interroge souvent sur les espèces botaniques à introduire prioritairement dans un jardin afin de contribuer à leur protection. Concernant les tulipes, je réponds immanquablement Tulipa sylvestris et Tulipa clusiana.

Tulipa sylvestris

Tulipa sylvestris fut décrite par Linné en 1753. Cette superbe espèce, qui fut et qui demeure la tulipe la plus répandue en France, peuplait jadis nombre de cultures céréalières et de vignobles. Lors de sa floraison, elle transformait littéralement les paysages, teintant de jaune vif des surfaces impressionnantes. Malheureusement, seules quelques rares régions permettent encore aujourd’hui de découvrir le spectacle généré par plusieurs milliers de plantes en fleurs. Je pense spontanément à la Drôme, au Lot-et-Garonne… Mais, en ce domaine rien n’est jamais véritablement acquis et cette espèce demeure totalement protégée en France. Elle se distingue des autres tulipes par son fleuron qui, avant son complet épanouissement, se tient penché vers le sol. A un point tel que l’on pourrait, de loin, la confondre avec un narcisse. C’est une espèce stolonifère qui, lorsque l’occasion lui est offerte, n’hésite pas à coloniser le jardin. Il lui est parfois reproché de ne pas fleurir régulièrement. Néanmoins, je peux vous garantir que lorsqu’elle bénéficie d’un sol riche ou lorsqu’elle est nourrie deux ou trois fois par an (un engrais « tomates » biologique fera parfaitement l’affaire.), et qu’elle dispose d’un emplacement bien drainé et sec en été, ce problème disparaît de lui-même.

Tulipa clusiana

Une autre espèce qu’il convient de privilégier est Tulipa clusiana. Celle-ci fut décrite en 1803. A l’état sauvage, elle existe encore dans de très nombreux pays tels l’Iran, l’Iraq ou le Tibet… Concernant le sud de l’Europe, y fut-elle introduite par l’homme au cours des siècles ? C’est probable ! En France par exemple, considérée comme une fleur coupée de luxe, elle était plantée en masse dans le sud-est dès le début du XXème siècle. De là à imaginer qu’elle s’est échappée des cultures, il n’y a qu’un pas ! Aujourd’hui, elle est sérieusement menacée d’extinction ce qui a justifié son inscription à la liste des espèces protégées. Au jardin, elle se cultive très facilement, mais là aussi il convient, pour lui conserver sa vigueur, de lui offrir une bonne fertilisation, de lui garantir un bon drainage, ainsi qu’un ensoleillement d’au moins quelques heures par jour.