juin 2011 - Le blog de Laurent Lieser - Floriculteur spécialisé (Cévennes - Lozère Florac)
 
Le blog de Laurent Lieser - Floriculteur spécialisé (Cévennes - Lozère Florac)

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samedi 11 juin 2011

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juin '11

Un mois de juin comme les autres…

Tandis que le cognassier (Cydonia oblonga), ancien porte greffe (voir billet du 6 mai 2009) d’un poirier mort depuis longtemps, développe enfin ses premiers fruits…

Fruit (coing) de cognassier (Cydonia oblonga) en cours de développement.

…et qu’il ne reste que quelques feuilles jaunies pour indiquer l’emplacement des tulipes retournées sous terre,…

Feuilles de tulipes desséchées.

…je découvre avec étonnement que les graines de cet exemplaire d’Helleborus foetidus vivant sur les rives du Tarnon ne furent pas emportées par la dernière crue.

Hellébore fétide (Helleborus foetidus)

De fait, elles ont germé à quelques centimètres de la plante mère. Peut-être devrais-je les repiquer un peu plus loin afin qu’elles puissent se développer à leur guise ?!

Semis spontané, plantules d’Hellébore fétide (Helleborus foetidus).

Après avoir fleuri, Allium ‘Gladiator’...

En mai, inflorescence d'Allium 'Gladiator'.

...se consacre maintenant au développent de ses graines.

Allium ‘Gladiator’

Allium ‘Mont-blanc’ termine quant à lui sa floraison.

Allium ‘Mont-blanc’

L’Asaret Oreille d’homme (nom vernaculaire ridicule s’il en est !), alias Asarum europaeum, fut installé sous l’ombre d’un grand hêtre. Quelques jours plus tard, ses premières feuilles, remarquables par leur forme et leur aspect luisant, apparaissaient. Parce que c’est une plante indigène, je suis à peu près certain qu’elle s’est installée pour de longues années !

Asaret Oreille d’homme (Asarum europaeum)

Natif quant à lui du Japon et de Chine, Arisaema candidissimum fut installé à quelques mètres de son cousin européen. En plus d’être d’une étonnante beauté, sa fleur conserva sa fraîcheur pendant plus de 15 jours.

Fleurs d’Arisaema candidissimum

En fin de floraison, une feuille unique est apparue sur chaque exemplaire. Elle compense son unicité en étant trilobée et extrêmement décorative.

Feuilles d’Arisaema candidissimum

dimanche 5 juin 2011

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juin '11

Après les Iris, les Iris…

Depuis plusieurs années déjà, je cultivai avec satisfaction quelques variétés communes de ces Iris bulbeux que l’on dit « de Hollande ».

Collection d’Iris, vue partielle

J’utilise volontairement ce « que l’on dit » parce qu’en fait, ceux-ci sont issus de multiples croisements mêlant quelques espèces botaniques d’Iris français et espagnols, notamment Iris xyphium (totalement protégé en France), au nord-africain Iris tingitana.

Iris ‘Lion King’

Il convient de préciser que toutes ces espèces sont sérieusement menacées d’extinction dans la nature. Par exemple, Iris tingitana est quasiment éteint dans sa région d’origine où paradoxalement ses dernières micro-populations survivent principalement dans quelques décharges à ordures. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il n’y a plus guère que ces espaces pour leur procurer une certaine tranquillité.

Iris ‘Frans Hals’

En conséquence, lorsque l’an passé l’I.N.R.A. de Rennes me proposa de « prendre le relais » et d’accueillir à titre conservatoire une collection particulièrement importante de ces Iris, je n’hésitai pas un instant. D’autant que j’appris dans le même temps que l’Hortus Bulborum hollandais renonçait à maintenir la petite collection en sa possession (tout au plus cinq/six variétés) parce que celle-ci présentait le défaut de s’épanouir bien après les tulipes et les narcisses, soit après que les portes du jardin ne se soient refermées au public.

Iris ‘Golden Emperor’

Pour la première fois cette année, cette collection, composée de plus de soixante variétés et formes botaniques, a donc effectué son cycle végétatif en Lozère ! Beaucoup de plantes étant trop jeunes pour fleurir, seul un tiers d’entre-elles a épanoui ses délicates fleurs.

Iris ‘Harry Hylkema’

Ces Iris portent les fleurs d’Iris parmi les plus jolies qui soient et cela dans divers tons de blanc, de jaune, de bronze et bien sûr de bleu, sans oublier les combinaisons associant plusieurs de ces couleurs.

Iris ‘Bronze Beauty’

Je ne peux que m’étonner, puis regretter qu’ils ne soient pas cultivés plus fréquemment, car leur culture est d’une simplicité enfantine. Concrètement, il n’y a rien à faire !

Iris ‘Apollon’

En ce qui me concerne, je me suis contenté de les installer à l’automne 2010 à une douzaine de centimètres de profondeur, dans un sol ameubli et bien drainant, puis d’apporter en épandage quelques poignées d’un engrais biologique équilibré assorti de quelques arrosages ponctuels (Ici aussi la sécheresse commence à poser quelques problèmes). Comme je l’écrivais dans un précédent billet, aucune des ces variétés ne s’est révélée gélive, affrontant sans sourciller (et sans paillis) jusqu’à -20°C cet hiver. Afin d’éviter que les plantes ne se couchent avec les vents importants qui traversent régulièrement le jardin, j’ai laissé se développer quelques mauvaises herbes. L’opération fut un succès puisqu’aucun Iris n’a ployé, contrairement à ce qui arriva lorsqu’ils se trouvèrent sur un emplacement méticuleusement débarrassé de toute végétation spontanée ! Cette concurrence végétale les contraignant à se développer, à se faire une place, ils se révèlent plus robustes.

Iris ‘Frans Hals’

Comme ce fut le cas pour les Iris de jardin, leurs fleurs firent en revanche le régale des cétoines qui, ce faisant, se retrouvèrent rapidement recouvertes de pollen. En conséquence, de nombreuses plantes ont développé des capsules. J'envisage de tenter leur semis dès cette année.

Iris ‘Wedgwood’

Cette collection est en cours d’évaluation par le comité des collections du Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées (C.C.V.S.)

Iris ‘Delft Blue’