En Lozère, c’est aujourd’hui le début de ce qui pourrait bien être un épisode cévenol sensé durer au moins quatre jours. Savez-vous ce que représente cet évènement météorologique ? Imaginez une très importante masse nuageuse provenant du sud qui, bloquée dans sa progression vers le nord par les montagnes cévenoles (ou est-ce plutôt les vents contraires ?), s’accumule tant et bien qu’elle est contrainte à abandonner là son surplus d’eau. Cela engendre des trombes d’eau discontinues qui peuvent durer des jours, générant souvent des inondations dans toute la région. Je repense avec déplaisir à ce fichu automne 2008 au cours duquel les tulipes de la Collection Nationale étaient restées sous deux cm d’eau durant près d’une semaine, ce qui m’avait fait craindre le pire, et contraint à déplacer tout ce petit monde dès l’année suivante ! Heureusement, les tulipes botaniques sont robustes et je ne déplorais que peu de pertes.

Dans la région, il est traditionnel de pratiquer l’écobuage. Malheureusement, mal maîtrisés, ces feux sensés maintenir les milieux ouverts échappent parfois à tout contrôle. Ainsi, ces dernières jours, ce ne sont pas moins de 75 ha qui partirent en fumée autour de Florac (source Midi-Libre). Gageons que notre épisode cévenol mettra un terme à cette triste série.

Écobuage sur les montagnes entourant le Jardin des Bulbes à Fleurs.

A l’exception d’une seule photographie (‘The First’), toutes celles qui suivent furent prises hier après-midi, alors que le soleil était à son apogée…

Le second narcisse à s’épanouir cette année, Narcissus obvallaris.

Vous connaissez sûrement Hyacinthus orientalis ? J’apprécie énormément cette plante au bulbe gros comme une mandarine, dont la hampe florale, extrêmement parfumée, porte plusieurs dizaines de fleurs et que l’on appelle communément Jacinthe. Savez vous qu’autrefois en France, elles détrônèrent la tulipe dans le cœur (et les jardins) de Marie-Antoinette ? Pourtant, ses nombreuses variétés dérivent toutes d’une plante sauvage bien plus modeste :

Dans sa version spontanée, Hyacinthus orientalis (Ici, la forme blanche).

Tulipa kaufmanniana ‘The first’ porte décidément bien son nom puisqu’elle est plus hâtive encore que Tulipa kaufmanniana ‘Early Harvest’. D’ailleurs, à trois jours près, elle s'épanouit ici à la même date que l’an passé. Je mets ci-dessous deux clichés afin de mettre en évidence le fait que les tulipes sont parmi les rares plantes dont la fleur est aussi jolie ouverte que fermée.

Hier, Tulipa kaufmanniana ‘The First’ en plein soleil.

Aujourd’hui, Tulipa kaufmanniana ‘The First’ sous la pluie.

Les nichoirs pour oiseaux sont parfois mis à profit par d’autres animaux. Celui-ci est devenu un lieu de villégiature pour ces punaises gendarmes (Pyrrhocoris apterus)

Punaises gendarmes (Pyrrhocoris apterus)

Nichoirs et punaises

‘Katharine Hodgkin’ est une délicieuse variété aux tons pastel de l’espèce Iris reticulata. Elle apprécie le sol composé majoritairement de graviers et donc bien drainé de cet emplacement.

Iris reticulata ‘Katharine Hodgkin’

L’an passé, à cette période, un chevreuil venait régulièrement se délecter des feuilles tendres des tulipes. Tulipa fosteriana ‘Golden Emperor’ avait été particulièrement appréciée (voir billet du 13 avril 2010). Sur ce cliché, on voit que les plantes ressortent normalement cette année. Certaines vont même fleurir.

Tulipa fosteriana ‘Golden Emperor’. Seule la partie supérieure gauche de l'étiquette témoigne encore de la gloutonnerie passée du chevreuil.

Néanmoins, par précaution, j’ai pris la décision d’apporter une protection temporaire pour certains des végétaux les plus précieux. Ici, une Tulipe.

Tulipa sp.