mars 2011 - Le blog de Laurent Lieser - Floriculteur spécialisé (Cévennes - Lozère Florac)
 
Le blog de Laurent Lieser - Floriculteur spécialisé (Cévennes - Lozère Florac)

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lundi 28 mars 2011

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Connaissez-vous les Juno ?

C’est ainsi que les spécialistes nomment ce groupe d'Iris composé d’environ cinquante espèces. Ces bulbeux à grosses racines charnues et à l’allure un peu particulière portent des fleurs absolument superbes, tout en délicatesse. De fait, ils font partie de ces végétaux d’exception dont la fleur mérite que l’on s’agenouille humblement pour en apprécier toute la subtilité…

Les feuilles brillantes d’Iris aucheri ont percé la couche de terre environ 3 semaines avant que ne s’épanouisse la première fleur.

Malheureusement, la plupart des espèces de ce groupe nécessitent la protection d’une serre froide ou d’un châssis. Or, comme j’aime surtout cultiver des plantes « indépendantes », je ne parlerai que de deux d’entre eux, réputés pour réussir parfaitement en pleine terre. Ici en Lozère, ils furent installés dans un sol argilo-calcaire très caillouteux, à un emplacement ensoleillé et très sec en été.

Iris aucheri

Ne dépassant pas 30 cm, Iris aucheri est natif de contrées lointaines, Syrie, Iraq, Iran et Turquie, où il vit dans des zones de montagne semi-désertiques, rocailleuses, et écrasées de soleil durant toute la période estivale. C’est la raison pour laquelle, à l’instar des tulipes, il effectue son cycle végétatif au printemps.

Fleur d’Iris aucheri

Parce qu’il serait peu rustique, certains auteurs conseillent de le protéger durant la saison froide. Or, au jardin, les températures sont descendues jusqu’à -20°C cet hiver sans que cela n’affecte sa vigueur. Il aura donc su s’accommoder de ces températures, mais aussi des pluies très importantes apportées par deux épisodes cévenols successifs.

Sous la pluie, Iris aucheri

En revanche, par prudence, je conseillerais à tous ceux qui envisagent d’en tenter la culture de le protéger de la pluie dès la fin de sa période végétative et cela jusqu’à la mi-septembre. Pour cela une simple portion de bâche plastique posée à même le sol fera l’affaire.

Détail de la fleur d’Iris aucheri

A quelques mètres, Iris bucharica, une espèce proche, vient à son tour de se manifester. J’en reparlerai prochainement…

vendredi 25 mars 2011

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Courrier...

Tulipa kaufmanniana 'Early Harvest' au milieu des graminées sauvages.

Bonjour,

Je vous ai déjà passé une commande et j'ai été très satisfaite de vos plantes.

J'ai actuellement un nouveau parterre de fleurs à mettre en place, mais je suis embêtée par le désherbage. Y a-t-il un couvre sol que je puisse mettre dans mon parterre et qui n'empêche pas la sortie de mes bulbes ?

Merci de votre aide. Très cordialement

Carine M

Bonjour,

Le désherbage est une corvée pour beaucoup de jardiniers, et il existe pas mal de parades : paillis, écorces de pin, fèves de cacao, plantes couvres sols, voiles anti-herbes...

Néanmoins, je me suis personnellement rendu compte que les plantes désherbées étaient bien plus sujettes à problèmes (pucerons, virus, escargots et limaces, etc…) que les autres.

En conséquence, j'ai depuis deux ans décidé de laisser les mauvaises herbes prendre place dans mes plantations, et de me contenter de retirer à la main (si si!) les plantes à développement trop important.

Je vous garantis que la cohabitation est un succès: les mauvaises herbes protègent partiellement les plantes cultivées, et du gel, et du coup de chaud, du vent, servent occasionnellement de tuteurs naturels, évitent à l'eau de stagner (terre trop argileuse), favorisent la vie microbienne, aèrent le sol et souvent l'enrichissent en azote. Elles dispensent une ombre salutaire au niveau du collet des plantes (les Lis par exemple adorent cela), attirent toute une faune (lézards, hérissons, araignées) qui est l'alliée du jardinier, quant aux pissenlits, si leurs feuilles sont délicieuses en salade, leurs fleurs attirent les cétoines qui du coup laissent les fleurs de mes plantations tranquilles.

Dernier point positif, l'année dernière des oiseaux ont même installé leur nid au beau milieu de mes cultures de narcisses…

Bref! Autant de bonnes raisons de tolérer quelques "mauvaises herbes"...

Bien cordialement,

Laurent Lieser

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Angers fête les tulipes !

A partir de l’automne 2010 fut plantée au Jardin des Plantes de la ville d’Angers une collection de tulipes anciennes et botaniques.

Élaborée en collaboration avec Laurent Lieser, détenteur de la collection nationale de tulipes, cette collection présente des variétés rares de tulipes botaniques du monde entier, ainsi que des variété de tulipes hollandaises des 17ème et 18ème siècles.

Cette collection sera complétée le 27 avril 2011 par une conférence sur la tulipomanie en Hollande, une période de l’histoire dans laquelle l’engouement irraisonné pour les premières tulipes (dont certaines présentées dans le jardin) a conduit au premier krach boursier de l’histoire économique.

La conférence sera suivie d’une visite guidée de la collection.

Pour en savoir plus: http://www.angersloiretourisme.com/FR/FMA/detail.aspx?id=746026152

lundi 14 mars 2011

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Visite 2011 de la Collection Nationale (CCVS) de tulipes botaniques

A Florac (48-Lozère), Laurent Lieser, Floriculteur et président de l’Association Tulipes Sauvages, vous invite à venir découvrir les tulipes botaniques. Plus de 400 espèces et variétés regroupées en une collection unique, reconnue d’intérêt national par le Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées (C.C.V.S.).

Contrairement aux tulipes de jardin, créées puis sélectionnées par les horticulteurs depuis des centaines d’années, les tulipes sauvages sont natives des contrées les plus reculées d’Asie centrale, de Turquie, et même de France. Nombre d’entre-elles sont aujourd’hui menacées de disparition, voire éteintes.

Cette collection, dont l’objectif est avant tout d’ordre conservatoire, fut constituée grâce à la collaboration des plus grands jardins et conservatoires botaniques du monde (Conservatoire botanique national méditerranéen de Porquerolles, INRA de Rennes, Royal Botanical Garden de Kew, Göteborg Botanical Garden, Hortus Bulborum, ...) Les plantes sont cultivées selon les principes de l’agriculture biologique, dans des conditions comparables à celles rencontrées sur leurs sites d’origines.

Les tulipes vivent au sein du Jardin naturaliste des Bulbes à Fleurs (JBF). Elles y côtoient une centaine de narcisses différents (espèces botaniques, variétés historiques), de très nombreuses plantes bulbeuses (Crocus, Iris, …).

Les 2, 9, 16, 23 et 30 avril 2011- 14h00 - Durée : 1h30 env. Entrée : 3 € | Réservation obligatoire par téléphone : 09 60 47 78 48 ou par mail via le site de l'association Tulipes Sauvages

Lieu-dit La Tière 48400 Florac (RD 907 en direction de Barre des Cévennes). Plan d'accès via Google Maps

Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées (CCVS)

samedi 12 mars 2011

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Ce n’est que le début…

En Lozère, c’est aujourd’hui le début de ce qui pourrait bien être un épisode cévenol sensé durer au moins quatre jours. Savez-vous ce que représente cet évènement météorologique ? Imaginez une très importante masse nuageuse provenant du sud qui, bloquée dans sa progression vers le nord par les montagnes cévenoles (ou est-ce plutôt les vents contraires ?), s’accumule tant et bien qu’elle est contrainte à abandonner là son surplus d’eau. Cela engendre des trombes d’eau discontinues qui peuvent durer des jours, générant souvent des inondations dans toute la région. Je repense avec déplaisir à ce fichu automne 2008 au cours duquel les tulipes de la Collection Nationale étaient restées sous deux cm d’eau durant près d’une semaine, ce qui m’avait fait craindre le pire, et contraint à déplacer tout ce petit monde dès l’année suivante ! Heureusement, les tulipes botaniques sont robustes et je ne déplorais que peu de pertes.

Dans la région, il est traditionnel de pratiquer l’écobuage. Malheureusement, mal maîtrisés, ces feux sensés maintenir les milieux ouverts échappent parfois à tout contrôle. Ainsi, ces dernières jours, ce ne sont pas moins de 75 ha qui partirent en fumée autour de Florac (source Midi-Libre). Gageons que notre épisode cévenol mettra un terme à cette triste série.

Écobuage sur les montagnes entourant le Jardin des Bulbes à Fleurs.

A l’exception d’une seule photographie (‘The First’), toutes celles qui suivent furent prises hier après-midi, alors que le soleil était à son apogée…

Le second narcisse à s’épanouir cette année, Narcissus obvallaris.

Vous connaissez sûrement Hyacinthus orientalis ? J’apprécie énormément cette plante au bulbe gros comme une mandarine, dont la hampe florale, extrêmement parfumée, porte plusieurs dizaines de fleurs et que l’on appelle communément Jacinthe. Savez vous qu’autrefois en France, elles détrônèrent la tulipe dans le cœur (et les jardins) de Marie-Antoinette ? Pourtant, ses nombreuses variétés dérivent toutes d’une plante sauvage bien plus modeste :

Dans sa version spontanée, Hyacinthus orientalis (Ici, la forme blanche).

Tulipa kaufmanniana ‘The first’ porte décidément bien son nom puisqu’elle est plus hâtive encore que Tulipa kaufmanniana ‘Early Harvest’. D’ailleurs, à trois jours près, elle s'épanouit ici à la même date que l’an passé. Je mets ci-dessous deux clichés afin de mettre en évidence le fait que les tulipes sont parmi les rares plantes dont la fleur est aussi jolie ouverte que fermée.

Hier, Tulipa kaufmanniana ‘The First’ en plein soleil.

Aujourd’hui, Tulipa kaufmanniana ‘The First’ sous la pluie.

Les nichoirs pour oiseaux sont parfois mis à profit par d’autres animaux. Celui-ci est devenu un lieu de villégiature pour ces punaises gendarmes (Pyrrhocoris apterus)

Punaises gendarmes (Pyrrhocoris apterus)

Nichoirs et punaises

‘Katharine Hodgkin’ est une délicieuse variété aux tons pastel de l’espèce Iris reticulata. Elle apprécie le sol composé majoritairement de graviers et donc bien drainé de cet emplacement.

Iris reticulata ‘Katharine Hodgkin’

L’an passé, à cette période, un chevreuil venait régulièrement se délecter des feuilles tendres des tulipes. Tulipa fosteriana ‘Golden Emperor’ avait été particulièrement appréciée (voir billet du 13 avril 2010). Sur ce cliché, on voit que les plantes ressortent normalement cette année. Certaines vont même fleurir.

Tulipa fosteriana ‘Golden Emperor’. Seule la partie supérieure gauche de l'étiquette témoigne encore de la gloutonnerie passée du chevreuil.

Néanmoins, par précaution, j’ai pris la décision d’apporter une protection temporaire pour certains des végétaux les plus précieux. Ici, une Tulipe.

Tulipa sp.

jeudi 10 mars 2011

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NON aux chasseurs dans les écoles : relayez la pétition !

Depuis le 4 mars 2010, un accord entre chasseurs et Gouvernement encourage l’entrée du lobby chasse dans nos écoles. Il s’agit d’une véritable entreprise d’endoctrinement. Or, le prosélytisme est illégal. En conséquence, les différentes associations du collectif « Non aux chasseurs dans les écoles ! », dont la LPO fait partie, lancent une série d'action :

Retrouvez tous les détails de la campagne sur le site Internet de l'ASPAS.

samedi 5 mars 2011

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Un froid polaire (histoire sans parole)…

Au petit matin, le Jardin (naturaliste) des Bulbes à Fleurs.

Le givre recouvre tout. Les plantes ploient, se figent, et patientent...

Tulipa raddii

Galanthus nivalis

Narcissus ‘Rinjveld Early Sensation’

Iris reticulata ‘Clairette’

Tulipa x

Crocus chrysanthus ‘Blue Pearl’

Helleborus niger

jeudi 3 mars 2011

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Craquants les Crocus ?

Une fois n’est pas coutume, intéressons nous uniquement à ce genre de plus en plus prisé par les amateurs de bulbeuses faciles à naturaliser. Au jardin, il existe plusieurs espèces et variétés ayant parfaitement passé le cap de leur acclimatation…

Commençons par une photo de Crocus flavus ssp. flavus un peu plus représentative que celle du précédent billet. Ces plantes sont installées depuis fin 2008 et il est évident que la vie en Lozère leur convient parfaitement !

Crocus flavus ssp. flavus

Crocus chrysanthus est une petite merveille ! A l’état sauvage, les représentants de cette espèce possèdent principalement des fleurs jaunes, mais de judicieux croisements ont permis d’enrichir la palette des couleurs existantes. Ce dont les amateurs de jardins ne peuvent que se réjouir…

Tout en tons pastel, Crocus chrysanthus ‘Blue Pearl'

Crocus chrysanthus ‘Blue Pearl’

Crocus chrysanthus ‘Cream Beauty’ illumine littéralement ce coin du jardin.

Crocus chrysanthus ‘Cream Beauty’

Crocus chrysanthus ‘Prinz Claus’ offre quant à lui un contraste saisissant.

Crocus chrysanthus ‘Prinz Claus’

Ce dernier Crocus, un exemplaire unique de l'espèce versicolor, me fut envoyé il y a deux ans par un botaniste qui l’avait sauvé in extremis de la destruction. Il utilisa sa première année de vie au jardin à se reconstituer. Cette année, il manifeste sa joie de vivre retrouvée en offrant sa première fleur. Cette espèce vit principalement dans le sud-est de la France, où elle se rencontre jusqu’à 1300 m d’altitude.

Crocus versicolor