novembre 2010 - Le blog de Laurent Lieser - Floriculteur spécialisé (Cévennes - Lozère Florac)
 
Le blog de Laurent Lieser - Floriculteur spécialisé (Cévennes - Lozère Florac)

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lundi 29 novembre 2010

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A propos des oiseaux...

Au moment où le froid et la neige arrivent sur la France, il est grand temps de songer aux oiseaux sauvages qui ne trouvent plus guère désormais de nourriture dans la nature. Pour ma part, j’ai remis nos deux grandes mangeoires en service, auxquelles, cette année, j’ai ajouté un distributeur de « boules de graisse ».

Boules de graisse suspendues

Parce qu’il s’avère possible de tout recycler, j’ai également mis à profit deux grandes plaques de béton récupérées dans le Tarnon (Vous n’imaginez pas tout ce que je peux récupérer sur ses rives après une bonne crue…) qui, disposées à même le sol, font de très bonnes aires de nourrissage. Il ne faut pas oublier que si certains oiseaux comme les mésanges (Parus major, Cyanistes caeruleus, etc) adorent chaparder les graines situées en position surélevée, ce n’est pas le cas du pinson des bois (Fringilla coelebs) par exemple qui préfère grandement chercher sa nourriture à même le sol.

Plaque de béton recyclée

La première année, je donnais le traditionnel mélange « oiseaux du ciel ». Or, il ne me fallut que quelques jours pour réaliser que ceux-ci ne choisissaient pour ainsi dire que les graines de tournesol, bien plus riches en graisses. En conséquence, je ne distribue plus maintenant que ce type de graines, ce qui finalement est plutôt une bonne chose car les graines délaissées finissaient immanquablement par moisir.

Si vous nourrissez les oiseaux, ou envisagez de le faire, je vous conseille de choisir des graines biologiques. Nul besoin pour cela d’acheter des graines labellisées « bio » puisque les graines vendues pour les oiseaux du ciel sont automatiquement non traitées. Par contre, il peut tout de même être prudent de se renseigner avant d’acheter en gros dans une coopérative agricole. Ne serait-il pas dommage d’empoisonner tout ce petit monde juste pour avoir voulu faire de mauvaises économies ?

La fin de l’automne est le moment idéal pour nettoyer les nichoirs. Au jardin, seul l'un d'entre-eux fut utilisé cette année. Cela s’explique sans aucun doute par le fait qu’il fut le seul que je ne recouvrais pas extérieurement d’un vernis, car en bois de hêtre réputé imputrescible. De fait, il est habituel qu’un nichoir récemment traité reste inutilisé la première année car l’odeur du revêtement peut déplaire aux oiseaux. Nous verrons bien s’ils se décident l’an prochain…

Nichoir fraichement ouvert

Ouvrons donc le nichoir. Celui-ci fut occupé par un couple de mésanges bleues (Cyanistes caeruleus). La première chose que l’on constate, c’est le méticuleux travail de confection qu’a nécessité la construction du nid. Il est ferme, ses formes sont parfaites et lorsque je le retire du nichoir, il conserve sa forme initiale.

Le nid retiré conserve sa forme initiale.

Il est constitué de mousses, de brindilles, de plumes, et de poils (de bétail certainement). J’y découvre quelques pince-oreilles (Forficula auricularia) venus sans doute y trouver refuge pour l’hiver, de nombreuses pupes d’une espèce indéterminée de mouches, et…ôh tristesse…trois minuscules squelettes parfaitement nettoyés (merci les asticots !). De fait, leur présence ne signifie nullement que cette nichée fut un échec et il est pour ainsi dire normal que quelques oisillons, parmi les plus faibles, meurent, tandis que les autres parviennent à l’âge adulte sans encombre. Il m’en faudra bien plus donc pour être découragé!

Trois petits squelettes.

M'aidant d'une éponge et d'eau claire, je terminais l’opération par un nettoyage méticuleux de l’intérieur du nichoir débarrassé du vieux nid, avant de le raccrocher à son arbre...

vendredi 26 novembre 2010

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Au jardin, en coup de vent…

Bon sang, qu’il a fait froid sur Florac en cette journée de la Sainte Catherine! Je ne sais ce qu’il en est des arbres, mais je peux vous garantir que, me concernant, je n’ai pas pris racine au jardin. Le vent y fut glacial et ce ne sont pas les quelques flocons de neige qui se sont engouffrés par le col de mon blouson qui m’ont aidé à me réchauffer. Je pris juste le temps de faire ces quelques photographies avant de rentrer déguster un bon chocolat chaud…

On imagine généralement qu’au jardin le mois de novembre signifie le début de l’inertie hivernale. C’est entièrement vrai concernant la plupart des végétaux, comme par exemple ces Iris de jardin et ces Hémérocalles, à l’allure bien misérable,…

Iris germanica X

Hemerocallis X

…mais c’est inexact pour d’autres végétaux comme ces Cyclamens (Cyclamen hederifolium) dont le magnifique feuillage est maintenant entièrement développé.

Cyclamen (Cyclamen hederifolium)

De même, en observant le développement des plantes suivantes, ne pourrait-on pas imaginer être au début de la belle saison ? Ainsi, Tulipa cretica a déjà développé ses jolies feuilles, tout comme certaines variétés d’Iris de Hollande (Iris hollandica X) ou de narcisses (Ici Narcissus ‘Golden Bells’). Pourtant, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, la floraison de ces bulbeuses, qui n’interviendra bien sûr qu’au printemps, n’est pas spécialement hâtive.

Tulipa cretica

Iris hollandica X

Narcissus ‘Golden Bells’

Bien connu pour ces propriétés médicinales, Calendula officinalis offre ses dernières fleurs de l’année. Ce souci sera bel et bien la seule touche de couleur de ce billet.

Souci (Calendula officinalis)

Depuis plusieurs jours, en haut des marches en bois qui mènent au Tarnon, une araignée (qui pourrait appartenir à l’espèce Pardosa wagleri ?!) veille à l’entrée de son terrier. Peu farouche, celle-ci semble s’intéresser à chacun de mes mouvements, n’hésitant pas à changer de position pour mieux m’observer. Cette espèce, qui affectionne les berges sableuses à galets des cours d’eau de montagnes, n’est pas des plus répandues.

A l'entrée de son terrier, Pardosa veille...

samedi 20 novembre 2010

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Tulipes et nasties…

Question

Bonjour,

Nous sommes élèves en classe préparatoire Agro-Véto au lycée Malherbe de Caen. Nous menons actuellement un travail expérimental sur les nasties* des tulipes, et nous sollicitons votre aide pour nous guider dans notre étude.

Nous souhaitons mettre en évidence l'influence de plusieurs facteurs sur l'ouverture et la fermeture des pétales, en particulier la température, la lumière et nous avons aussi pensé au pH. Nous disposons d'un matériel de lycée pour nos expérimentations (étuve, réfrigérateur pour l'étude de la température par exemple).

Avez vous une idée pour mesurer de façon significative l'ouverture ? Selon nos informations, l'évolution de la taille des pétales sur les faces internes et externes est difficile à évaluer avec nos outils de mesure (car de l'ordre du dixième de millimètre).

D'autre part, nous avons pour l'instant effectué des mesures à 4, 17 et 25°C. Cette gamme de température vous paraît-elle satisfaisante ?

Pensez-vous que d'autres facteurs influencent ce phénomène ?

En vous remerciant pour l'aide que vous pourrez nous apporter,

Cordialement

Mathilde, Laure, Maxime, Pierre.

Réponse

Bonjour Mathilde, Laure, Maxime et Pierre,

Je vous réponds par le biais de ce blog car apparemment l’adresse email de Pierre n’est pas fonctionnelle.

Tout d’abord, permettez moi de vous dire que je suis heureux de découvrir que vous vous intéressiez à certains mécanismes finalement peu étudiés de la botanique. Tant de choses restent à découvrir dans ce domaine.

Pour répondre simplement à votre première question, je commencerai par vous dire que non, malheureusement, je n’ai pas d’idée sur le « comment mesurer de façon significative l’ouverture et la fermeture des tépales d’une fleur de tulipe ». Si je devais faire cette étude personnellement, je crois que je me contenterais tout simplement d’une règle et d’un chronomètre. Avec tout ce que cela peut comporter d’arbitraire bien sûr…

En revanche, je pense qu’il serait intéressant pour vous de faire une distinction entre les 3 sépales et les 3 pétales. De ce que j’ai pu observer, les pétales (3 tépales intérieurs) réagissent moins rapidement aux facteurs d’ouverture qu’aux facteurs de fermeture, alors que c’est l’inverse chez les sépales (3 tépales extérieurs). A vérifier toutefois.

Ensuite, je pense qu’il serait intéressant d’élargir vos gammes de températures. Que se passe t-il à 0°C, voire sous zéro ? La fleur est-elle encore en mesure d’effectuer ses mouvements ou est-elle totalement paralysée par le froid ? Au delà de 25°C, je pense que l’on peut s'attendre à une réactivité plus importante ?! Mais là aussi, il serait intéressant de le vérifier.

Enfin, je pense que les facteurs « intensité lumineuse » (lorsqu’une fleur de tulipe s’épanouit pleinement au soleil, le fait-elle à cause de la chaleur, de la luminosité importante, ou de ces deux facteurs combinés ?) et hydriques (comportement de plantes assoiffées comparé à celui de plantes gorgées d’eau ; à réserver aux fleurs non coupées) pourraient être ajoutés à votre liste de facteurs capables d’influencer les mouvements des tépales.

Je vous souhaite une bonne continuation dans vos recherches. N’hésitez pas à me transmettre le résultat de vos travaux.

Laurent Lieser

  • Le terme nastie vient du grec nastos (ναστός, « compact », « resserré » évoquant l'idée de fermeture), ce terme désigne le mouvement de certains organes d'un végétal subordonné à un stimulus extérieur (température, de lumière et d'humidité). Source Wikipédia.

vendredi 12 novembre 2010

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A titre conservatoire (bis)…

Fraîchement arrivées du Conservatoire Botanique National Méditerranéen de Porquerolles, plusieurs espèces de plantes menacées (pour la plupart sous forme de bulbilles) viennent de trouver refuge au sein du Jardin (naturaliste) des Bulbes à Fleurs. Il s’agit des espèces :

Genre Tulipa : Tulipa lortetii (1 population), Tulipa agenensis (3 populations), Tulipa raddii (2 populations), Tulipa clusiana (1 population)

Genre Bellevalia : Bellevalia romana (1 population), Bellevalia trifoliata (plante nouvelle au jardin: 1 population)

Genre Gynandiris : Gynandiris sisyrinchium (1 population)

Remerciements au Conservatoire Botanique National Méditerranéen de Porquerolles. Site web du CBNM

mercredi 10 novembre 2010

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A Nathalie...

Le genre Crocus

Le genre Crocus relève de la famille des Iridacées (et oui, comme les Iris !) et se compose actuellement de près d’une centaine d’espèces. Je précise toutefois que de nouvelles espèces sont encore découvertes régulièrement. Parmi elles, de bien bonnes surprises nous attendent parfois, comme ce fut le cas assez récemment avec Crocus mathewii.

Ces plantes sont en repos une partie de l’année, sous forme de cormes (ce que l’on pense être un bulbe), et fleurissent selon les espèces à laquelle elles appartiennent, soit au printemps, soit à l’automne. La répartition du genre comprend principalement les régions montagneuses méditerranéennes, mais aussi, dans une moindre mesure, l’Europe et l’Asie Centrale.

Qu’ils soient botaniques (« sauvages ») ou d’origine horticole, les Crocus portent des fleurs particulièrement colorées, qui sont d’autant plus intéressantes pour le jardinier qu’elles s’épanouissent à des périodes de l’année où le jardin est peu fleuri. La plupart des Crocus proposés dans le commerce sont d’une facilité de culture déconcertante : en pelouse, en jardin de rocailles, voire en pots. De fait, il n’existe pour ainsi dire aucun endroit du jardin incapable d’en accueillir quelques uns.

A l’instar des Iris ou des Narcisses, les Crocus déclenchent de véritables passions dans certains pays et les amateurs qui leur consacrent toute leur énergie deviennent généralement de vrais spécialistes.

Crocus sativus est cultivé depuis des millénaires pour ses étamines : le Safran (sur la photographie, les petits filaments oranges qui retombent). Mais n’est-ce pas un peu dommage de limiter la culture d’une plante aussi jolie aux seules fins culinaires ?

Le genre Colchicum.

Les Colchiques font (désormais) partie de la famille des Colchicaceae et le genre regroupe selon les sources à ma disposition de 50/60 à 100 espèces. Il a une répartition qui va de l’Europe à l’Asie mineure. Comme chez les Crocus, le « bulbe » du Colchique s’avère être un corme.

Si comme le dit la chanson, les fleurs des Colchiques s’épanouissent chez nous à la fin de l’été, il existe cependant quelques espèces qui préfèrent s’épanouir à la fin de l’hiver.

Au jardin, bien qu’ils soient selon moi absolument indispensables, les Colchiques sont bien souvent délaissés au profit des Crocus. Leur grande toxicité expliquerait-elle ce fait ? Je ne le pense pas puisque les Narcisses, également très toxiques, sont eux cultivés avec énormément d’enthousiasme. Personnellement, je les apprécie particulièrement. D’autant que j’ai la chance de posséder, sous quelques noyers, une population spontanée composée de centaines d’individus (Colchicum autumnale). Et si je suis habituellement peu enclin à apprécier les bulbeuses à fleurs doubles, je dois bien admettre que je suis tombé en amour devant la floraison de la forme ‘Pleniflorum’ de Colchicum autumnale.

Colchicum autumnale 'Pleniflorum'

Dans la série des plantes pouvant être confondues avec les Crocus, un troisième genre mérite selon moi que l’on s’y intéresse :

Le genre Sternbergia.

Le genre Sternbergia fait partie des Amaryllidaceae et comprend une petite dizaine d’espèces à fleurs jaunes ou blanches (De fait, seule Sternbergia candida possède une fleur blanche). A l’exception de deux espèces (Sternbergia candida et Sternbergia vernalis), ils fleurissent principalement en automne avant de développer un feuillage qui perdurera jusqu’au printemps suivant. En France, l’espèce la plus fréquemment cultivée est Sternbergia lutea, ce qui s’explique sans aucun doute par sa grande beauté et son extrême robustesse: à installer n’importe où au jardin! Non dérangés, ils refleurissent fidèlement chaque automne, cela sans soin particulier…

lundi 8 novembre 2010

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Plus une minute à moi...

Entre de très nombreuses commandes à expédier, d'importants travaux de plantation et une procédure judiciaire qui n'en finit plus de se terminer, je ne trouve décidément plus beaucoup de temps à consacrer à ce blog. Heureusement qu'il ne se passe plus grand chose au jardin en cette période de l'année...

Je tâcherai néanmoins de prendre quelques photographies du jardin dès demain! Si le temps me le permet...