avril 2010 - Le blog de Laurent Lieser - Floriculteur spécialisé (Cévennes - Lozère Florac)
 
Le blog de Laurent Lieser - Floriculteur spécialisé (Cévennes - Lozère Florac)

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dimanche 25 avril 2010

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25 avril 2010

Comme la plupart des narcisses historiques, 'Mrs Langtry' se distingue par une fleur étoilée chez laquelle les sépales sont nettement séparés les uns des autres. Cela est l'inverse de ce que l'on observe chez les variétés modernes chez qui les sépales doivent se superposer jusqu'à former l'illusion d'un cercle parfait.

Narcissus 'Mrs Langtry'

Narcissus 'Mrs Langtry'

vendredi 23 avril 2010

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Si ce n’est toi, c’est donc ton frère…

Je parlais dernièrement de massifs de tulipes dévorés, ce qui m’avait contraint à ajouter une petite longueur de clôture. Tout Laurent Lieser que je suis, je constate aujourd’hui avec une réelle satisfaction que mon stratagème s’est révélé… parfaitement inutile ! Les fautifs continuent bien sûr à s’introduire allégrement au sein du jardin et ont fait, pas plus tard qu'hier, un repas de luxe puisqu’ils ont dégusté trois pieds prometteurs d’Orchis bouc (Himantoglossum hircinum).

Or, ce matin, j’ai découvert le coupable. En effet, à seulement quelques mètres de moi, inconscient de ma présence, un chevreuil (Capreolus capreolus) se sustentait sous la ripisylve. La photo ci-dessous fut prise à l’instant où il réalisa que je l’observai. Inutile de préciser que quelques secondes plus tard, il disparut dans les fourrés…

Chevreuil (Capreolus capreolus) tulipophage.

Puis-je en vouloir à cet animal d’apprécier les lieux, sachant que je fais mon possible pour en faire un havre de paix ? Non bien sûr ! D’autant que ses prélèvements demeurent finalement assez limités. Par exemple, il n’a pas touché à ces quelques Tulipa humilis ‘Black Base’.

Tulipa humilis ‘Black Base’

Il n’a pas non plus dévoré ces quelques Tulipa tschimganica. Cette espèce spectaculaire nous arrive directement d’Asie centrale. Il aurait vraiment été dommage qu’elle termine dans l’estomac d’un cervidé, aussi mignon soit-il...

Tulipa tschimganica

Novice, ce dernier se sera néanmoins risqué à grignoter quelques fleurs de Narcissus ‘Mite’. C’est d’autant plus regrettable que ces végétaux toxiques sont totalement indigestes. On ne l’y reprendra certainement plus ! Et c’est tant mieux, car ainsi, ni les impressionnants Narcissus ‘Modern Art’ et Narcissus ‘Curly’, ni le petit Narcissus 'Minnow' ne risquent plus d’être mangeottés.

Narcissus ‘Modern Art’ fut créé en Hollande et enregistré en 1973. Un gros pompon bicolore !

Narcissus ‘Curly’ fut lui aussi créé en Hollande, mais enregistré en 1968. Il est l’un des narcisses les plus impressionnants qu’il me fut donné de cultiver.

Narcissus 'Minnow' est un adorable narcisse miniature du groupe Tazetta. Il fut créé en Angleterre et enregistré en 1962.

samedi 17 avril 2010

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17 avril 2010

Enfin! Narcissus Mrs Langtry devrait bientôt s'épanouir...

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17 avril 2010

Un mois s'est écoulé depuis la fenaison. Pourtant, les plantes sont toujours en pleine végétation.

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Promenade…

Cette période de l’année est toujours un peu curieuse car elle combine la tristesse d’assister aux premières fenaisons et l’enthousiasme de voir gonfler tant de boutons floraux en devenir. Le plus simple n’est-il pas finalement d’apprécier les végétaux en pleine floraison ?

Tulipa tarda s’est épanouie hier ! Cette plante native principalement d’Asie centrale fut décrite par Stapf en 1933. C’est l’une des tulipes botaniques les plus couramment proposée dans le commerce traditionnel. Sa facilité de culture et son extrême beauté expliquent sans aucun doute cette situation.

Tulipa tarda

D'une taille relativement imposante, l’éclatante Tulipa greigii ‘United States’ fut enregistrée par D. W. Lefeber & Co. en 1974. Elle présente cependant un aspect et une combinaison de tons résolument modernes. De fait, il lui est littéralement impossible de passer inaperçue au jardin.

Tulipa greigii ‘United States’

Il existe tant de cultivars différents de tulipes parmi les hybrides de Tulipa greigii et Tulipa kaufmanniana qu'il est toujours très important lorsqu'on en cultive plusieurs de conserver soigneusement leurs noms exacts. Les deux sélections suivantes par exemple me furent gentiment offertes par une personne qui n’avait malheureusement plus aucun souvenir de leurs appellations. En conséquence, et à moins que le hasard ne s’en mêle, il est fort probable que je ne retrouve jamais l’identité de la première. Avis aux connaisseurs...

Tulipa greigii x

Pour la seconde en revanche, il me fut assez aisé de procéder à son identification. Comment ne pas reconnaître une plante à ce point remarquable ?! Tulipa greigii ‘Flowerdale’, car c’est d’elle qu’il s’agit, est une création relativement récente.

Tulipa greigii ‘Flowerdale’

Comme l’an passé, les tulipes, mais surtout les narcisses souffrent actuellement d’une attaque assez généralisée de cétoines hérissées (Tropinota hirta). Ces dernières, abondantes en Lozère, squattent en nombre les fleurs fraîchement épanouies et les dévorent. Fort heureusement, certaines plantes sont épargnées, parmi lesquelles :

Narcissus ‘Avalanche’, à l’odeur littéralement enivrante. Il est sans aucun doute l’un des narcisses les plus parfumés.

Narcissus ‘Avalanche’

Narcissus ‘Fragrant Breeze’ est l’un de mes favoris. Fort plaisante, sa fleur est porteuse d'une grande coupe abricot. Il atteint au jardin une taille moyenne de 40 cm.

Narcissus ‘Fragrant Breeze’

Qui ne connaît ‘Thalia’ ? Peu de monde assurément, tant la blancheur immaculée de sa fleur est réputée. Ce narcisse multiflore fut enregistré avant 1916, ce qui fait de lui une plante historique ! Actuellement, et comme je le fis moi-même durant des années, les habitants de la région parisienne doivent pouvoir en apprécier toute une prairie fleurie sous la chênaie du Parc Floral à Vincennes.

Narcissus ‘Thalia’

jeudi 15 avril 2010

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Toute première orchidée…

Hâtif, l’Orchis géant, alias Barlia robertiana, s’épanouit déjà dans le fossé qui borde la route. C’est une plante assez commune dans les régions méditerranéennes, mais qui me paraît plutôt rare autour de Florac.

Barlia robertiana

De fait, cet exemplaire, dont j’apprécie la floraison pour la seconde fois, est le seul dont il me fut donné de pouvoir saisir quelques clichés. Peut-être devrais-je tout bonnement avancer la date de mes premières explorations botaniques ?!

Barlia robertiana

Les populations de cette espèce, autrefois cantonnées au sud de la France, semblent désormais remonter vers le nord. En conséquence, les scientifiques sont enclins à penser que l’espèce bénéficie directement du réchauffement climatique, celui-ci lui permettant de coloniser de nouveaux territoires.

Barlia robertiana

Barlia robertiana

mardi 13 avril 2010

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Gloutons les chevreuils ?

Le paradoxe des jardins nature est qu’ils plaisent tant aux animaux que certains d’entre eux s’y invitent parfois sans avoir réellement été invités.

C’est ce qui arriva ces derniers jours où quelques chevreuils pénétrèrent au sein du Jardin naturaliste afin de s’y délecter de quelques touffes de tulipes parmi celles dispersées sur la prairie. Toxiques, les narcisses furent soigneusement délaissés. Nous dûmes immédiatement prendre quelques dispositions afin que l’unique passage non clôturé leur soit désormais infranchissable…

De la trentaine de boutons de Tulipa fosteriana ‘Golden Emperor’ qui devaient ici s’épanouir, seuls trois échappèrent à la voracité des chevreuils…

En piteux état, Tulipa fosteriana ‘Golden Emperor’.

Heureusement, peu de plantes firent les frais de l’appétit des chevreuils. Je me console en songeant à ce qui resterait de ce massif de Tulipa greigii ‘Toronto’ si les animaux avaient pénétré plus en avant dans le jardin.

Tulipa greigii ‘Toronto’

Crée en 1977, Narcissus ‘Love Call’ est une véritable merveille. J’ai réellement regretté l’automne dernier de ne pouvoir le proposer à la vente. J’espère pouvoir y remédier dès cet automne !

Narcissus ‘Love Call’

Il y a trois ans, je découvrais lors d’une randonnée, dans le fond du jardin d’une maison en ruine, et coincée entre un tas de détritus et des toilettes extérieures désaffectées, une belle touffe de narcisses. Certes, celle-ci, étouffée par les ronces, n’était plus guère florifère, mais les plantes paraissaient bien vivantes et en bonne santé. Intrigué, et pressentant qu’il s’agissait là de végétaux anciens, je les récupérais afin de procéder à quelques recherches et bien sûr les remettre en culture dans des conditions décentes. Quelques jours plus tard, je retrouvais l’identité de cette plante. A ma grande surprise, celle-ci fut créée en Irlande avant 1935. ‘Bahram’, c’est son nom, est donc une plante historique qui semble de surcroît particulièrement rare. Cette année, elle a retrouvé dignité et floribondité.

Narcissus ‘Bahram’

Chaque année, je suis émerveillé par la beauté et l’intensité de coloration de Scilla sibirica. Cette petite bulbeuse s’acclimate parfaitement à la plupart des conditions que l’on rencontre dans nos jardins. Lorsque les fleurs sont fécondées, les tiges s’affaissent. Ainsi, lorsqu’ensuite les graines sont libérées, elles se trouvent directement au contact du sol et n’ont plus qu’à attendre le printemps suivant pour germer. En conséquence, il est fréquent de voir apparaître une multitude de plantules autour des pieds mères.

Scilla sibirica

Porteuse elle aussi de fleurs bleues, Vinca minor est une petite vivace rampante à implanter à l’ombre des arbres. Elle est simple, peu impressionnante, mais son charme est incontestable…

Vinca minor, plus connue sous le nom de pervenche.

dimanche 11 avril 2010

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Biodiversité ?

Pas plus tard qu’hier, une visiteuse s’étonnait de découvrir une telle biodiversité sur une surface finalement assez réduite…

Anémones des bois (Anemone nemorosa)

Et c’est vrai qu’avec ses centaines d’espèces et de variétés des genres Tulipa, Narcissus, Crocus, Lilium, le Jardin naturaliste des bulbes à fleurs ne porte jamais mieux son nom qu’à cette période de l’année. Et ceux qui, par l’intermédiaire de ce blog, suivent un peu son évolution savent qu’il est loin d’abriter uniquement les représentants du monde végétal. Ainsi castors, petits mammifères et oiseaux le visitent très régulièrement. Seul petit problème, quelques « grands » mammifères viennent de réaliser, eux aussi, que le lieu est extrêmement sympathique et qu’il est possible de s’y régaler de délicieuses tulipes ! Ainsi, depuis deux jours (ou plutôt deux nuits) quelques chevreuils s’invitent sur les lieux et font pas mal de dégâts. J’en reparlerai dans le prochain billet…

Viola odorata génère dans l’herbe une multitude de taches de couleurs et si en passant vous m’apercevez sur les genoux, le nez plongé dans la verdure, c’est certainement que je suis en train de m’enivrer de leur parfum.

Viola odorata

La floraison des violettes m’offre une occasion inespérée de vous parler des cultures de Nathalie Casbas. Sans aucun doute, certains d’entre-vous la connaissent-ils déjà ?! Nathalie est collectionneuse de violettes et à ce titre, elle est détentrice d’une extraordinaire collection reconnue Collection Nationale par le Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées (C.C.V.S.). Comme la plupart des collectionneurs, elle se consacre à ses cultures avec une rigueur et un sérieux sans faille, ce qui explique qu’elle soit devenue l’une des plus grandes spécialistes de notre pays. De fait, sa réputation dépasse aujourd’hui largement nos frontières. Personnellement, j’ai toujours considéré ce type de personnage, un brin atypique (ne faut-il pas être un peu atypique pour consacrer ainsi sa vie au végétal ?), comme faisant partie du patrimoine français, cela au même titre que leur collection…

Pour découvrir l’univers de Nathalie : http://pagesperso-orange.fr/n.casbas/

C’est le mois d’avril. En conséquence, il m’est particulièrement difficile de faire un choix parmi les nombreuses floraisons en cours. Néanmoins, je trouve particulièrement séduisante cette floraison groupée de Muscari botryoides ‘Album’. La forme bleue est spontanée au jardin et commence elle aussi à se manifester.

Muscari botryoides ‘Album’

D’un plant chétif et perturbé (car planté bien trop tardivement l'an passé), j’obtiens cette année deux exemplaires très vigoureux de Lilium martagon. Une fois de plus, je m’émerveille devant le pouvoir de régénération et la volonté de vivre des végétaux !

Lilium martagon

Merveilleuses Primevères (Primula denticulata). Cette espèce se ressème allégrement…

Primula denticulata

La tulipe botanique reste bien sûr le végétal roi du jardin et cette année je réalise que les souches implantées depuis deux ans se sont si bien acclimatées aux conditions que leur offre la Lozère qu’elles sont bien plus vigoureuses que celles que je déterre et stocke au sec chaque été. Je me demande s’il n’est pas temps de remettre en cause certains de mes plus contraignants principes de culture ?!

Tulipa fosteriana ‘Pirand’

Tulipa greigii ‘Orange Toronto’

Tulipa turkestanica

Désormais, les narcisses occupent eux aussi une place importante au jardin. Pouvoir admirer une telle multitude de floraisons alors que je leur dispense si peu de soin… Je m’interroge : finalement, les narcisses ne seraient-ils pas l’une des bulbeuses les plus faciles à cultiver ?

Narcissus ‘Barrett Browning’

Bicolores à l’éclosion, les fleurs de Narcissus ‘Mount Hood’ deviennent progressivement entièrement blanches. Bien qu’il soit l’un des narcisses les plus communs, ‘Mount Hood’ n’en reste pas moins l’un des plus jolis.

Narcissus ‘Mount Hood’

jeudi 1 avril 2010

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Entre deux ondées…

Ce début du mois d’avril s’annonce finalement assez prometteur. Dans l’herbe de la prairie, j’observe émerveillé l’apparition d’une multitude de fleurettes spontanées tandis que tulipes et narcisses me réconfortent à leur manière!

Par exemple, Tulipa kaufmanniana, la hâtive, offre maintenant ses premières floraisons et, malgré mes réticences devant les formes sélectionnées à l’excès, je suis séduit par l’une de ses variétés à fleurs semi-doubles. Il s’agit de ‘Duplosa’, crée par P. Bijvoet & Co en 1955.

Tulipa kaufmanniana ‘Duplosa’

Les narcisses m’impressionnent chaque année un peu plus, par leur subtilité et leur beauté bien sûr, mais aussi par leur résistance à la pluie. Celle-ci n’a carrément aucune conséquence sur leur beauté ! Mais il ne nous faut pas oublier qu’ils sont parfaitement adaptés aux précipitations du climat français. Et pour cause, puisque l’on trouve chez nous à l’état sauvage le spontané Narcissus pseudonarcissus. Or, celui-ci reste l’ancêtre direct de la plupart des variétés dites trompettes existantes aujourd’hui !

Merveilleux narcisse trompette, Narcissus ‘February Silver’.

Mais je n’oublie pas non plus les espèces botaniques. Ainsi, l’espèce sauvage Narcissus pumilus (que je ne parviens pas vraiment à distinguer de Narcissus minor) relève elle aussi de la section Pseudonarcissus.

Narcissus pumilus

‘Rip Van Winkle’, petit narcisse historique à fleur double serait une forme ancienne de Narcissus pumilus cultivée dès le XIXème siècle . Notons toutefois que son apparition serait plutôt le résultat d’une mutation spontanée (et donc naturelle) que celui d’une patiente sélection horticole.

Narcissus pumilus ‘Rip Van Winkle’

Narcissus cyclamineus est une ravissante petite espèce originaire d’Espagne et du Portugal qui est elle aussi à l’origine d’une multitude de variétés. Toutes furent enregistrées dans la catégorie Cyclamineux et se distinguent principalement par leurs fleurs à sépales recourbés, voire très recourbés. Hybride de Cyclamineus, la variété ‘Itzim’ est remarquable dans l’évolution de sa coloration. En effet, juste après son épanouissement, sa fleur s’avère entièrement jaune, et ce n’est qu’au bout de plusieurs jours que la couronne acquiert sa définitive teinte orange si lumineuse.

Narcissus 'Itzim'