Tulipe des vignes : c’est ainsi que l’on nomme parfois Tulipa sylvestris, tant il est vrai qu’on la rencontre souvent dans ce type de culture. Qu’à cela ne tienne, pourquoi ne pas recréer un mini vignoble afin précisément d’y installer (certains diront « mettre en scène ») une petite population ?


Cinq pieds de vigne, de la variété ‘Muscat de Hambourg’ et plus de 100 bulbes de Tulipa sylvestris furent ainsi plantés. L’installation comprend : 4 piquets de robinier (Robinia pseudoacacia) dont le bois est réputé pour son imputrescibilité, et 2 longueurs de grillage à mouton sur lesquelles les vignes pourront se développer à leur guise. Enfin, après plantation, les jeunes ceps furent paillés préventivement contre le gel (première photographie).

Quant aux pierres qui bornent les piquets, leur présence pourrait certes passer pour un naïf élément de décoration. Pourtant, elles n’ont d’autre utilité que de servir de refuge à quelques lézards ou insectes.
Connaissez vous Hermann Benjes ? Cet allemand a mis au point une technique simple et pour le moins naturelle de (re) constituer des haies champêtres. Cette méthode consiste à déposer sur le sol, à l’endroit précis où l’on souhaite voir se développer une haie, quelques branches, des branchages, puis de les y abandonner. Attirée par les perchoirs et abris ainsi édifiés, la faune sauvage (oiseaux, petits mammifères) va rapidement venir ensemencer le site sur lequel de jeunes arbres et arbustes apparaîtront en quelques années. Sans que cela ne soit péjoratif, je dirais que c’est la technique du moindre effort, son avantage principal étant bien sûr l’installation exclusive d’une flore spontanée, celle-ci étant parfaitement adaptée à son environnement et rapidement mise à profit par toute une faune sauvage. Selon moi, son inconvénient principal réside avant tout dans la nécessité d’éparpiller, parfois sur plusieurs mètres, des branchages dont on ne dispose pas toujours, puis d’attendre plusieurs années. Désireux de voir une haie s’installer, j’ai donc opté pour une méthode encore plus simple : le ramassage manuel (lors d’une randonnée) de graines diverses et variées, puis leur dispersement le long de la clôture qui nous sépare du champ voisin. Affaire à suivre donc…

Sur la photographie ci-dessus, il est possible de reconnaître les graines des espèces suivantes : Erable champêtre (Acer campestre) samares, églantier (Rosa canina) cynorhodons, aubépine (Crataegus laevigata) petites graines foncées, rouges et noires, cornouiller sanguin (Cornus sanguinea) petites graines noires, fusain (Euonymus europaeus), graines orange.