Si ce blog semble quelque peu délaissé ces derniers jours, rassurez-vous, ce n’est pas qu’il ne se passe rien d’intéressant au sein du petit monde végétal du Jardin Naturaliste des bulbes à fleurs. Ainsi, quelques lis prolongent leurs floraisons, les colchiques sont toujours aussi enchanteurs et j’attends avec impatience les premières fleurs de Sternbergia lutea. Cependant, les difficultés que je rencontre actuellement dans l’installation du jardin sont décourageantes ! Si décourageantes, que je finis par me demander si le jeu en vaut vraiment la chandelle…
En juin 2008, conforté par l’intérêt d’une presse locale enthousiaste et d’un petit passage dans l’émission « Reportages » de TF1, je proposais à la mairie de Florac d'installer, et mon entreprise de floriculture, et le projet de ce qui allait bientôt s’appeler le Jardin naturaliste des bulbes à fleurs sur son territoire. Séduite, la commune me proposait rapidement une parcelle agricole d’un hectare. A cette occasion, le propriétaire du terrain me certifia que les crues éventuelles (mais vraiment très exceptionnelles) du Tarnon se limiteraient exclusivement aux quelques 20 mètres situés au plus bas de la parcelle et ne poseraient donc jamais problème. Quant au locataire de la maison adjacente (le bailleur du terrain en est également propriétaire), tant que son potager, situé sur la parcelle du jardin des bulbes à fleurs, ne contrarierait pas mon installation, il en conserverait bien sûr la tolérance, le rassurai-je. Nous signâmes ensemble un contrat de bail à ferme !
Le travail entrepris sur ces terres au cours de cette (presque) première année fut relaté ici depuis le premier jour. Je n’y reviendrai donc pas. En parallèle, je prévoyais d’installer sur place, dès septembre, un espace de production-vente de plantes à fleurs (ouverture prévue en avril 2010).
En juin, désireux de remplir une déclaration préalable aux travaux, j’appris de la mairie de Florac qu’à l’exception de l’emplacement réservé au potager de mon voisin (mais qui, je le répète, se trouve chez moi), l’ensemble de la parcelle louée est impropre à l’installation de serres (zone inondable). Contraint par cette caractéristique du plan local d'urbanisme (PLU), je demandai donc naturellement à mon propriétaire, par courrier, de bien vouloir signaler à son locataire, un personnage un brin belliqueux, que je suis malheureusement dans l’obligation de récupérer une partie du jardin consenti. Certes, celui-ci devrait renoncer au 4/5ème d’un champ de pommes de terre cultivé de juin à août, mais en conservant tout de même 500m2 de potager.
Je ne m’étalerai pas ici sur les échanges de courriers que j’eus avec le propriétaire du terrain, tant ses réponses furent empreintes de mauvaise volonté, voire de dérision. Inlassablement, faisant fi des conséquences économiques désastreuses que cela engendre pour mon entreprise, celui-ci ressasse que son locataire cultive son lopin de terre depuis plusieurs décennies, que j’en étais informé, etc. Dans sa dernière lettre, il m’explique avoir appelé personnellement le maire de Florac qui serait tout disposé à étudier avec lui les possibilités rendant mon installation en zone inondable possible (dérogation par exemple). Un comble ! Et de conclure en ajoutant carrément ne pas vouloir s’embêter pour un loyer aussi dérisoire (les prix des terres agricoles sont fixés par la préfecture) et être prêt à rompre notre contrat. Autrement dit, si je ne suis pas content je peux toujours partir…
Pourquoi cette attitude ? Cela ne relève bien sûr que de la spéculation, mais peut-être celui-ci à t-il simplement conscience que, la maison louée étant quelque peu insalubre, le seul moyen pour lui d’en perpétuer la location est de garantir la jouissance d’un jardin au locataire ? Dans ce cas, l’expression « vouloir le beurre et l’argent du beurre » ne prendrait-elle pas ici tout son sens ? Peu importe.
Malgré mes sollicitations répétées, la mairie de Florac reste impassible et ne me manifeste aucun soutien tangible. Nos rares échanges n’eurent comme conséquence que de me décourager un peu plus, et générèrent un sentiment désagréable : celui de m’être (peut-être) trompé quant au choix de la commune choisie pour réaliser mon projet.
Consterné, j’ai décidé de suivre les conseils de mon avocat et de saisir la justice. Accepteriez-vous de mettre la clef de votre entreprise sous la porte pour quelques kilos de pommes de terre destinées à nourrir des lapins ?
En empêchant ainsi l’installation d’un espace de vente sur ma parcelle, c’est tout le développement de mon entreprise horticole que le propriétaire contrarie. Quant à l’ouverture du jardin naturaliste des bulbes à fleurs, elle est dans l’état actuel de la situation totalement remise en cause.
Enfin, bien qu’il soit évident que la justice me donnera raison, je m’interroge maintenant sur l’intérêt et mes capacités futures à réaliser un lieu dédié à la nature, à la botanique, et par définition, au partage, dans une ambiance aussi délétère.
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Pour en savoir plus :
Radio TOTEM (4/09/2009 - Pascaline Perié & Nicolas Peytavin)