Savez-vous ce que ces bulbes de Tulipa kaufmanniana ‘Showwinner’, retirés du sol ce matin même, présentent de particulier ? Tout simplement, ce sont les derniers bulbes que j’ai eu à déterrer pour cette année ! Cependant, parce que j’espère les naturaliser, beaucoup de souches resteront désormais en terre. L’été s’annonce chaud et sec, tout devrait donc bien se passer.

Bulbes de Tulipa kaufmanniana ‘Showwinner’

Ce n’est pas la première fois que je constate combien des tulipes récemment acquises, et donc cultivées antérieurement de façon traditionnelle (engrais de synthèse, etc.) sont plus vulnérables aux attaques des champignons du sol. Généralement et fort heureusement, il suffit de deux ou trois ans de culture biologique pour qu’elles se réadaptent à une vie sans artifice chimique et retrouvent une plus grande résistance. Le tout est d’en être prévenu et de ne pas se décourager lorsqu’on retire du sol des bulbes dont les parties mortes sont totalement (ou partiellement) recouvertes de répugnantes moisissures bleues, grises, jaunes ou blanches…

Bulbes dont les parties mortes sont en partie moisies.

Cette année, désireux de récupérer des graines, j’ai volontairement « laissé grainer » de nombreuses tulipes. Cela m’aura permis de récolter une grande quantité de graines saines.

Capsules de Tulipa greigii 'Grand Gala'

Normalement, une capsule de tulipe est tripartite. Pourtant, il arrive parfois qu’elle soit bipartite. Cela reste néanmoins exceptionnel !

Capsule bipartite (en haut) et capsule tripartite.

Capsule bipartite (gauche) et capsule tripartite.

Je m’adonne rarement à cette activité de récolte des graines car une plante qui développe une capsule, puis des graines, perd jusqu’à 50%, voire 60% du poids de son bulbe. Je suis donc à peu près certain de devoir régénérer mes plantes au moins une année avant de les voir refleurir. Et oui, fleurs à venir ou graines, le tulipophile est parfois confronté à des choix bien difficiles ! Mais quand je vois la qualité des graines récoltées, quelle satisfaction.

Graines de tulipes. Au milieu des graines, le petit "tiret" clair n'est rien d'autre que le germe de la futur plantule.

Graines de tulipes.

Au terme de cette première année de culture sur ce nouveau site, il m’est une observation que je tiens absolument à noter ici : malgré un sol infesté de larves d’insectes (larves de taupins, de hannetons, etc.) et d'insectes divers, je n’ai à déplorer quasiment aucune perte. Certes, quelques bulbes furent en partie grignotés (présence de petits trous), mais sans conséquence aucune pour leur avenir. Quant aux redoutés campagnols et aux souris, je n’ai constaté aucun dégât dont je pourrais les accuser. Enfin, alors qu'au mois d'avril certains visiteurs s'étonnaient de trouver mes tulipes au milieu de « mauvaises » herbes, je peux affirmer maintenant n’avoir observé aucune infestation de pucerons de toute la saison, cela grâce à leur présence qui a incité nombre de petits prédateurs (coccinelles, etc.) à vivre sur place. Pari réussit donc !

En conclusion, lorsqu’une culture ne dénature pas le site sur lequel elle est implantée, elle se voit aussitôt intégrée dans un équilibre global, ce dont les plantes cultivées bénéficient ensuite directement.

Staphylinus olens, dit « diable », dans un trou de plantation. Cet insecte nécrophage se nourrit aussi de petites limaces et autres larves d'insectes.