juin 2009 - Le blog de Laurent Lieser - Floriculteur spécialisé (Cévennes - Lozère Florac)
 
Le blog de Laurent Lieser - Floriculteur spécialisé (Cévennes - Lozère Florac)

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lundi 29 juin 2009

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Capsules et vieilles tuniques...

Mon Dieu qu’il fait chaud ! Les tulipes sont désormais retournées sous terre et seules leurs capsules desséchées trahissent encore leur présence.

Capsules vides de Tulipa clusiana.

Capsule et graines d'un hybride de Tulipa kaufmanniana.

Je continue à « récolter » les tulipes… C’est un travail ardu, mais qui trouve habituellement sa compensation dans la qualité des bulbes ramassés. Or, cette année, cette tâche est bien moins gratifiante tant les plantes ont souffert de leur emplacement inadapté. Il m’arrive fréquemment de retrouver quelques bulbes morts, lorsque ce n’est pas la totalité du stock de telle ou telle espèce. Heureusement, les quelques années de culture passées furent suffisamment prolifiques, les dégâts ne sont pas dramatiques.

Le déterrage des tulipes est une opération bien plus délicate qu’il n’y paraît tant le bon moment pour le faire est déterminant. Trop tôt, les bulbes sont clairs, voire blancs, ce qui signifie que leur tunique n’est pas encore suffisamment rigide pour les protéger d’une éventuelle dessiccation une fois retirés du sol, celle-ci pouvant conduire à leur mort. Trop tard, en sol humide, certains champignons peuvent attaquer les bulbes et les faire moisir.

Le moment idéal pour déterrer les tulipes me semble être lorsque leurs parties aériennes se détachent d’elles-mêmes.

Qui pourrait imaginer que des bulbes fraîchement sortis de terre, à priori si peu ragoûtants, peuvent, une fois nettoyés, s’avérer aussi jolis que les plus beaux marrons d’Inde ? Vous ne me croyez pas ? Voici quelques exemples :

Quelques bulbes de Tulipa clusiana avant et après le retrait des restes des bulbes de l’année 2008. Ceux qui sont encore clairs sont heureusement parfaitement rigides. Ils vont brunir en quelques jours.

Tulipa clusiana

Tulipa clusiana

Quelques bulbes de Tulipa kaufmanniana ‘Early Harvest’ et de Tulipa stapfii, avant et après leur "toilette".

Tulipa kaufmanniana ‘Early Harvest’

Tulipa kaufmanniana ‘Early Harvest’

Tulipa stapfii

Tulipa stapfii, bulbes et capsules.

Surprenant non ? En tous cas, cela me permet d’illustrer ce que je considère comme la clef même de la réussite de la culture des tulipes : Ne pas chercher à obtenir coûte que coûte de jolies fleurs, mais tout faire pour produire de beaux bulbes ! En effet, si la fleur n’est en aucun cas la garantie d’un bulbe sain, un bulbe sain (et mature) générera toujours et durablement de belles fleurs.

mardi 23 juin 2009

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23 juin 2009

Noyées dans les herbes qui ont peu à peu colonisé les lieux, les tulipes voient leur feuilles jaunir, puis se dessécher, tandis que leurs graines continuent de murir à l'intérieur des capsules. Encore quelques jours, et les bulbes pourront être retirés du sol.

dimanche 21 juin 2009

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Récolte de pommes de terre et jolie Hoplie...

Si, passant par Florac ces prochains jours, vous apercevez un type en train de creuser des trous au beau milieu d’une prairie, ne soyez pas étonnés ! En effet, il est maintenant temps pour moi de récupérer les tulipes de la Collection Nationale, cela, afin de les conserver à l’abri des pluies estivales. Mais cette récolte fastidieuse à laquelle je m’astreins me permet également d’éviter que les espèces stolonifères ne se mêlent les unes aux autres. Enfin, l’emplacement choisi cet automne, inondable (voir billet du 5 novembre 2008.), s’étant révélé bien peu propice à la culture des tulipes, il m’est absolument nécessaire de déplacer les plantes.

La récupération de tulipes ne s’avérant finalement guère plus passionnante que la récolte de pommes de terre, je me rabats entre deux coups de bêche sur l’observation de la vie qui m’entoure.

Colchicum automnalis

Ainsi, pendant que les colchiques s’apprêtent à libérer leurs graines, les premières hémérocalles s’épanouissent. H. ‘Frans Hals’ est une variété commune. Qu’importe, je la retrouve chaque année avec énormément de plaisir.

Hemerocallis ‘Frans Hals’

Parmi les lis, le délicat Lilium cernuum var. album est l’un de mes favoris. L’espèce, de taille moyenne, est native de Corée, du nord-est de la Chine et de l’extrême est de la Russie.

Lilium cernuum var. album

C'est vrai, les Cévennes sont un véritable paradis pour le botaniste. Cependant, savez-vous qu'elles le sont tout autant pour le passionné d’ornithologie ou pour l’amateur d’insectes ?

La zygène de la millefeuille (Zygaena loti) est un superbe petit papillon que l’on croise assez fréquemment. Il se rencontre notamment au sein des prairies calcaires et, ce que la photo ne montre pas, j’ai découvert qu’il affectionne tout particulièrement les pois de senteur sauvages (Latyrus sp.)

Zygaena loti

La hoplie bleue (Hoplia coerulea) est un bijou parmi les coléoptères. La proximité humide du Tarnon et la tranquillité qui règne ici, au sein des cultures de lis, semblent convenir à cet individu puisque 24 h plus tard, bien que parfaitement vivant, il n’avait pas bougé d’un pouce!

Hoplia coerulea

Avez-vous déjà croisé un lepture tacheté (Rutpela maculata)? Quelle merveille n’est-ce pas ? La proximité de la ripisylve et de son bois mort permet à ses larves de trouver toute la nourriture dont elles ont besoin pour se développer. L’adulte quant à lui préfère le nectar.

Rutpela maculata

En parlant de bois mort : dans le billet du 14 mars 2009, j’énumérai les nombreuses qualités de mon tout nouveau escalier en bois, économique, écologique… Je découvre aujourd’hui qu’il est aussi parfaitement vivant !

Escalier vivant.

dimanche 14 juin 2009

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Le Causse Méjean...

Le jardin des bulbes à fleurs est désormais retourné à l’état de prairie. Incroyable ! Rien ne laisserait aujourd’hui imaginer qu’il y a seulement quelques semaines des milliers de fleurs s’y épanouissaient. Qu’importe ! Tournons nous vers la flore des Cévennes.

Endémique des Cévennes, Aster alpinus subsp. cebennensis prolifère sur certaines pelouses rases.

Connaissez vous le Causse Méjean ? Imaginez un immense plateau calcaire, culminant à plus de 1200 m, espace steppique, voire lunaire s’il en est, et où il n’existe guère plus d’un habitant au km2. Y marcher des heures durant sans croiser personne est parfaitement possible, s’y perdre également…

Traditionnellement tourné vers l’élevage, notamment du mouton, le Causse Méjean est parsemé de nombreuses lavognes. Ces trous d’eau, jadis aménagés par l’homme, abritent souvent une flore et une faune intéressante. Malheureusement, ce n’est pas le cas de celui-ci, peuplé de poissons rouges (Carassius auratus)! Dans un environnement tel que celui du Causse Méjean, il est facile de comprendre que la pollution, c’est aussi cela !

Une lavogne

Plantes aquatiques (Myriophyllum sp.)

Le Causse Méjean héberge quelques chevaux de Przewalski (Equus ferus przewalskii). Quelle joie de pouvoir admirer une partie du troupeau du Villaret évoluer ainsi, à sa guise, sur des territoires finalement assez proches des steppes mongoles d’où l’espèce est native. Devant la majesté de ces animaux, comment ne pas éprouver un profond respect, voire de la gratitude pour l’action de l'Association pour le cheval de Przewalski (TAKH) ? (http://www.takh.org/)

Chevaux de Przewalski (Equus ferus przewalskii).

Le Causse Méjean est parsemé de plantations anciennes de Pins noirs (Pinus nigra). Ces plantations font aujourd’hui l’objet de controverses, tant elles ont changé le paysage, modifié les écosystèmes. Heureusement, la nature s’adapte à certaines erreurs du passé, et les herbacées sont nombreuses désormais à s’abriter sous les branches de ces arbres.

Sous le couvert des pins noirs.

Pyrola chlorantha est une petite plante de 10/20 cm. Bien que sa répartition couvre une zone qui dépasse largement nos frontières, ses populations restent modestes. En France, elle vit surtout dans les zones montagnardes boisées.

Pyrola chlorantha

Je n’avais pas eu le plaisir de photographier la limodore à feuilles avortées (Limodorum abortivum) depuis bien longtemps. Quelques exemplaires de cette orchidée se partagent les quelques centimètres de terre nue d’un sol jonché de débris végétaux (écorces, troncs en décomposition) et recouvert de mousse.

Limodorum abortivum

Limodorum abortivum

La néottie nid d’oiseau (Neottia nidus-avis). Comment aurais-je pu imaginer ne pas en croiser ici, alors que j’en rencontrais régulièrement dans les grandes forêts de la région parisienne ? Orchidée sans feuille, sans chlorophylle, elle permit à Noël Bernard de comprendre dès 1899 la symbiose qui existe entre les représentants de cette grande famille et certains champignons du sol.

Neottia nidus-avis

Ophrys insectifera est une orchidée si discrète que les personnes insensibles aux charmes des végétaux passent généralement à côté sans la voir. Quel dommage ! En revanche, pour celui qui ne craint pas d’user ses genoux de pantalons, c’est une merveille d’ingéniosité. Comme dit un jour Jean-Marie Pelt : - « Les orchidées ont inventé les poupées gonflables. ». Une poupée gonflable pour les mouches ? Ne cherchez plus : c’est l’Ophrys mouche !

Ophrys insectifera

Ophrys insectifera

A proximité, je découvre une plante légèrement différente. Un hybride ? Non, plutôt Ophrys aymoninii. Cette espèce est beaucoup plus rare que la précédente puisqu’elle n’existe pour ainsi dire que sur les Grands Causses. Elle s’en distingue (notamment) par son labelle plus large et franchement bordé de jaune.

Ophrys aymoninii

samedi 6 juin 2009

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Ni vu, ni connu !

‘Striking’ est un Iris magnifique. D’un joli rose, sa fleur est en outre particulièrement bien formée. N’est-il pas incroyable de voir à quel point les fleurs des Iris de jardin, finalement peu spectaculaires il y a seulement une centaine d’années, se sont transformées jusqu’à devenir aussi belles que les plus jolies des orchidées tropicales. D’ailleurs, si ce n’était leur tendance à développer des hampes incapables de résister au vent, à la pluie, où au poids de leurs propres fleurs, et leur phobie des mauvaises herbes, il est évident que j’aurais moi-même constitué une collection représentative. Qu’importe, puisque quelques increvables Iris pallida et Iris germanica « ordinaires » suffisent amplement à mon bonheur…

Iris ‘Striking’

Quelques glaïeuls sauvages (Gladiolus italicus) confiés par un ami botaniste après qu’il les eût récupérés in extremis sur un site en construction s’épanouissent ! Le Jardin des bulbes à fleurs serait-il en passe de devenir un havre de paix pour végétaux rescapés ?

Gladiolus italicus

Ce glaïeul, que l’on appelle communément glaïeul des moissons, existe dans la plupart des régions du sud de la France, et est protégé au niveau régional (Limousin 74). Bien qu’il atteigne parfois jusqu’à 80 cm de hauteur, les exemplaires photographiés ici ne dépassent guère les 45 cm.

Gladiolus italicus

Tulipa sprengeri est une tulipe ! Et alors, me direz-vous, rien d’extraordinaire. En êtes-vous certain ? Dans ce cas, je vous invite à regarder le calendrier, vous réaliserez alors certainement que nous sommes déjà le 6 juin ! Et oui, en plus d’être l’une des plus belles tulipes botaniques qu’il me fut donné de cultiver, Tulipa sprengeri est aussi la plus tardive. Si j’ajoute à cela, le fait qu’elle est aussi l’une des plus faciles à reproduire par semis, vous comprendrez pourquoi je l’aime.

Tulipa sprengeri

Tulipa sprengeri

Je me réjouissais il y a quelques semaines de la présence au jardin d’orchidées sauvages. J'ignorais pourtant encore qu’il hébergeait toute une population d’Himantoglossum hircinum et d’Anacamptis pyramidalis.

Himantoglossum hircinum

Himantoglossum hircinum, alias Orchis bouc : par temps chaud, son odeur trahit souvent sa présence. Quelques exemplaires suffisent à vous donner l’impression que vous êtes cernés par un troupeau de chèvres. Chez cette espèce vigoureuse, certains individus dépassent le mètre. Bien qu'elle soit peu colorée, sa fleur est d'une architecture incroyable. A quoi peut donc bien servir ce labelle démesuré ?

Himantoglossum hircinum

Anacamptis pyramidalis. Cette orchidée, qui atteint une taille qui peut varier de 20 à 50 cm, se rencontre fréquemment en France. Les nombreux exemplaires à fleurs rose foncé côtoient fréquemment des individus à fleurs rose pâle voire blanches.

Anacamptis pyramidalis

N'est-ce pas curieux ? Alors que suis absolument certain d’être seul, je me sens comme qui dirait...observé…

vendredi 5 juin 2009

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"Home" de Yann Arthus-Bertrand

Voir le film gratuitement : www.home-2009.com