Quelle bonne surprise ! Ce matin, le thermomètre affichait -7,9°C. Je dis bonne surprise, car si pour nous, humains, des températures hivernales douces sont plutôt appréciables, il n’en est pas de même pour les bulbeuses montagnardes qui ont un besoin vital de froid ! Sans lui, elles cesseraient peu à peu de fleurir, puis finiraient par s’affaiblir, voire mourir. Pas vraiment réjouissant. Heureusement, le froid s’installe enfin !
En janvier, de nombreuses espèces possèdent déjà tout ou partie de leur feuillage. Qu’en est-il ici en Lozère ?
Sternbergia lutea. Il est normal pour cette espèce à floraison automnale d’être en pleine végétation au cœur de l’hiver. Ses feuilles sont plutôt jolies et une colonie de ces plantes permet d’apporter un peu de verdure à une saison où le jardin est généralement un peu dénudé.

Sternbergia lutea
Je ne suis pas convaincu que mon habitude d’installer des plantes à même le sol de la prairie soit une très bonne idée d’un point de vue esthétique. En tous cas, cela semble convenir à la plupart des végétaux, y compris à ces petites bulbeuses qu’un œil inexpérimenté pourrait ne plus retrouver dans la végétation.

Hermodactylus tuberosus
En septembre dernier, Mme Nicole K., une botaniste amateur, me faisait parvenir à titre conservatoire quelques minuscules griffes des Anemone coronaria sauvages qu’elle cultive depuis de très nombreuses années dans son jardin. Qu’elle en soit une fois encore remerciée. Cette plante abondait autrefois dans de nombreuses régions françaises. Aujourd’hui, bien que protégée, elle disparaît peu à peu dans l’indifférence généralisée. Quoi qu’il en soit, les plantes reçues se portent apparemment fort bien. C’est en tous cas, ce que semblent indiquer ces quelques feuilles indifférentes au givre.

Anemone coronaria
Après avoir offert une somptueuse floraison automnale, Crocus pulchellus développe maintenant ses feuilles.

Crocus pulchellus
Les feuilles des plantes qui constituent la collection d’Iris hollandica sont maintenant bien développées. L’an passé, nombre d’entre-elles avaient souffert du gel. Cette année, seront-elles plus résistantes ?

Iris hollandica
En trois ans, les quelques bulbes de Tulipa saxatilis installés au fond de la parcelle se sont bien multipliés. Toutefois, comme ici le sol est particulièrement pierreux (j’ai du utiliser ma pioche pour faire le trou), ils semblent hésiter à s’éloigner de l’emplacement d’origine. Heureusement, cette espèce native de Crête est parfaitement adaptée à ce type de milieu.

Tulipa saxatilis
Cette année, plusieurs exemplaires de Tulipa lortettii devraient développer un bouton floral. C’est une réelle satisfaction pour moi que de voir ces plantes réputées peu florifères tordre le cou à cette croyance infondée !

Tulipa lortettii
Ces quelques Cyclamen coum n’ont heureusement pas pris ombrage d’une plantation tardive. Ils semblent heureux sous les noyers, dans un sol sableux et humifère. Une taupe a eu la bonne idée de faire une taupinière à quelques centimètres. Espérons qu’il ne lui prendra pas l’idée de faire du zèle !

Cyclamen coum
Lorsque je réinstallais ma clôture, j’ai failli piétiner ce pied d’Anacamptis pyramidalis. Heureusement, tout va bien !

Anacamptis pyramidalis
La crue du mois de novembre m’a contraint à renoncer définitivement à cultiver la partie inférieure de mes parcelles. La plupart des végétaux qui s’y trouvaient ont été emportés par les flots. Pourtant, quelques-uns ont résisté.
Par exemple, bien qu’installés à 25 cm de profondeur, ces Narcissus ‘Mount Hood’ ont entièrement été mis à nus !

Narcissus ‘Mount Hood’
Tout comme ces quelques Galanthus nivalis que j’avais après la crue recouvert à la hâte de quelques cm de sable et qui furent malgré cela contraint à fleurir avec quelques semaines d’avance. Après la floraison, et lorsque leur feuillage sera entièrement développé, je les récupérerai afin de les installer plus haut.

Galanthus nivalis
La colonie spontanée de Colchicum automnalis a énormément souffert de la crue. Les bulbes qui ne furent pas emportés gisent aujourd’hui sur le sable et tentent désespérément d’effectuer leur cycle végétatif.

Colchicum automnalis
Enfin, j’aimerais terminer ce billet par les deux photographies suivantes qui indiquent clairement jusqu’où l’eau est montée lors de la crue de novembre. Au sommet de ce hêtre, soit à plus de 5 m du sol, se trouve l’un des piquets de clôture que la crue avait arraché, puis emporté. Ce lourd piquet en châtaigner d’1 m 80 avait pourtant été planté profondément dans le sol. Rassurez-vous, je ne me risquerais pas aller le récupérer. Il restera donc là-haut, comme le témoin de ce triste événement de novembre…

Au sommet de ce hêtre...

...le piquet!