Le blog de Laurent Lieser - Floriculteur spécialisé (Cévennes - Lozère Florac)
 
Le blog de Laurent Lieser - Floriculteur spécialisé (Cévennes - Lozère Florac)

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samedi 4 février 2012

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fév '12

Promenade hivernale autour de Cocurès (histoire presque sans parole !) ...

Dédiée à tous ceux qui rêvent de grands espaces préservés...

Cocurès est un joli petit village lozèrien d'environ 200 habitants, situé à quelques km de Florac. La vie y est paisible, les cocuréléens sont des gens souriants et la nature y est superbe...

Cocurès

Cocurès

Au sud de Cocurès, la zone cœur du Parc National des Cévennes.

En Lozère, la forêt couvre la majeure partie du territoire.

Depuis des siècles, les paysages lozèriens sont façonnés par l'homme. Ici, un pâturage.

Dans ces immensités figées par le froid, il n'est d'autre bruit que celui du vent.

Un ancien abri à moutons.

Au nord, les Puechs des Bondons (les deux collines), terre de légendes...

le Puech d'Allègre et le Puech de Mariette, ensuite rebaptisés Truc de Miret et Truc des Bondons seraient issus, nous dit la légende, de la boue tombée des sabots de Gargantua.

Sous les aulnes, coule le ruisseau.

Noisetiers (Corylus avellana)

Dans ce verger traversé par un ruisseau, les castors ont occasionné quelques dégâts. Pourtant, une simple longueur de grillage à poules enroulée autour de leurs troncs aurait suffi à protéger ces arbres...

En sous-bois, de vieilles ruches abandonnées.

vendredi 27 janvier 2012

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En attendant quelques flocons…

Drôle d’hiver ne trouvez-vous pas ? Mais ce qui est le plus surprenant selon moi, ce n’est pas les températures que nous avons actuellement mais bien le fait que quelques responsables politiques en mal de publicité s’obstinent à nier la réalité du réchauffement climatique. Bref !

En Cévennes, le mois de janvier voit l’apparition des feuilles du fameux Nombril-de-Vénus ! Umbilicus rupestris, c’est son nom latin, est une plante de la famille des Crassulacées, extrêmement originale, comestible, qui pousse pour ainsi dire uniquement dans les murs en pierres sèches. Autant dire qu’ici, on en trouve partout ! Sa floraison en épi interviendra plus tard en saison. Pour l’instant, lorsque j’arpente les alentours avec mes deux chiens, je ne résiste jamais au plaisir de cueillir et manger « sur place » quelques feuilles. Celles-ci sont gorgées d’eau et ont un goût agréable.

Umbilicus rupestris, le comestible Nombril-de-Vénus

Toujours dans la famille des Crassulacées, il est possible, autour de Cocurès, d’admirer de nombreuses stations de Joubarbes des toits (Sempervivum tectorum). Ces plantes sont absolument fascinantes et je ne peux que m’émerveiller de leur variabilité naturelle ! Il suffit parfois de quelques mètres pour découvrir de petites différences, principalement de coloration, dans les végétaux. A l’état sauvage, ces plantes vivent essentiellement sur les rochers et les murs. Autrefois, les habitants en installaient sur les toits car elles étaient sensées écarter la foudre.

Sur quelques rochers, Sempervivum tectorum

Sempervivum tectorum

Au jardin, si les tulipes semblent se méfier de ces températures douces (curieusement, elles sortent avec un peu de retard cette année), ce n’est pas le cas des narcisses qui en profitent pour développer leurs feuilles et parfois fleurir. Ainsi, comme à son habitude, Narcissus ‘Rijnveld’s Early Sensation’ est déjà en fleurs depuis plusieurs jours. Je suis toujours impressionné par la capacité qu’a sa fleur à résister au gel !

Narcissus ‘Rijnveld’s Early Sensation’

Cela fait plusieurs années que je tente la culture de Narcissus cantabricus en pleine terre (On conseille généralement de cultiver cette plante en serre froide).

Narcissus cantabricus

Malheureusement, chaque année, ses boutons floraux avortent. Il semblerait que cette plante native du sud de l’Espagne ait du mal à s’adapter au climat de la Lozère. Cette année, la douceur qui perdure aura enfin permis l’épanouissement d’un bouton.

Narcissus cantabricus

La texture fine de sa fleur donne une impression de grande délicatesse. D’une longueur de 10/15 cm, ses feuilles sont rares, parfois inexistantes. C’est le botaniste De Candolle qui lui attribua son nom latin en 1816 !

Narcissus cantabricus

Tulipa sylvestris devrait encore fleurir généreusement cette année, ce qu’indique l’apparition de plusieurs feuilles par plante.

Tulipa sylvestris

Tulipa agenensis laisse elle aussi sortir ses nouvelles feuilles. Les jeunes plantes photographiées ici proviennent du Vaucluse (84), plus précisément de Sainte-Cécile-les-Vignes. Elles me furent confiées à titre conservatoire il y a deux ans et je suis heureux de voir que la Lozère leur convient parfaitement.

Tulipa agenensis

samedi 14 janvier 2012

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jan '12

Le bonheur, c’est fait de tout petits riens…

Quelle bonne surprise ! Ce matin, le thermomètre affichait -7,9°C. Je dis bonne surprise, car si pour nous, humains, des températures hivernales douces sont plutôt appréciables, il n’en est pas de même pour les bulbeuses montagnardes qui ont un besoin vital de froid ! Sans lui, elles cesseraient peu à peu de fleurir, puis finiraient par s’affaiblir, voire mourir. Pas vraiment réjouissant. Heureusement, le froid s’installe enfin !

En janvier, de nombreuses espèces possèdent déjà tout ou partie de leur feuillage. Qu’en est-il ici en Lozère ?

Sternbergia lutea. Il est normal pour cette espèce à floraison automnale d’être en pleine végétation au cœur de l’hiver. Ses feuilles sont plutôt jolies et une colonie de ces plantes permet d’apporter un peu de verdure à une saison où le jardin est généralement un peu dénudé.

Sternbergia lutea

Je ne suis pas convaincu que mon habitude d’installer des plantes à même le sol de la prairie soit une très bonne idée d’un point de vue esthétique. En tous cas, cela semble convenir à la plupart des végétaux, y compris à ces petites bulbeuses qu’un œil inexpérimenté pourrait ne plus retrouver dans la végétation.

Hermodactylus tuberosus

En septembre dernier, Mme Nicole K., une botaniste amateur, me faisait parvenir à titre conservatoire quelques minuscules griffes des Anemone coronaria sauvages qu’elle cultive depuis de très nombreuses années dans son jardin. Qu’elle en soit une fois encore remerciée. Cette plante abondait autrefois dans de nombreuses régions françaises. Aujourd’hui, bien que protégée, elle disparaît peu à peu dans l’indifférence généralisée. Quoi qu’il en soit, les plantes reçues se portent apparemment fort bien. C’est en tous cas, ce que semblent indiquer ces quelques feuilles indifférentes au givre.

Anemone coronaria

Après avoir offert une somptueuse floraison automnale, Crocus pulchellus développe maintenant ses feuilles.

Crocus pulchellus

Les feuilles des plantes qui constituent la collection d’Iris hollandica sont maintenant bien développées. L’an passé, nombre d’entre-elles avaient souffert du gel. Cette année, seront-elles plus résistantes ?

Iris hollandica

En trois ans, les quelques bulbes de Tulipa saxatilis installés au fond de la parcelle se sont bien multipliés. Toutefois, comme ici le sol est particulièrement pierreux (j’ai du utiliser ma pioche pour faire le trou), ils semblent hésiter à s’éloigner de l’emplacement d’origine. Heureusement, cette espèce native de Crête est parfaitement adaptée à ce type de milieu.

Tulipa saxatilis

Cette année, plusieurs exemplaires de Tulipa lortettii devraient développer un bouton floral. C’est une réelle satisfaction pour moi que de voir ces plantes réputées peu florifères tordre le cou à cette croyance infondée !

Tulipa lortettii

Ces quelques Cyclamen coum n’ont heureusement pas pris ombrage d’une plantation tardive. Ils semblent heureux sous les noyers, dans un sol sableux et humifère. Une taupe a eu la bonne idée de faire une taupinière à quelques centimètres. Espérons qu’il ne lui prendra pas l’idée de faire du zèle !

Cyclamen coum

Lorsque je réinstallais ma clôture, j’ai failli piétiner ce pied d’Anacamptis pyramidalis. Heureusement, tout va bien !

Anacamptis pyramidalis

La crue du mois de novembre m’a contraint à renoncer définitivement à cultiver la partie inférieure de mes parcelles. La plupart des végétaux qui s’y trouvaient ont été emportés par les flots. Pourtant, quelques-uns ont résisté.

Par exemple, bien qu’installés à 25 cm de profondeur, ces Narcissus ‘Mount Hood’ ont entièrement été mis à nus !

Narcissus ‘Mount Hood’

Tout comme ces quelques Galanthus nivalis que j’avais après la crue recouvert à la hâte de quelques cm de sable et qui furent malgré cela contraint à fleurir avec quelques semaines d’avance. Après la floraison, et lorsque leur feuillage sera entièrement développé, je les récupérerai afin de les installer plus haut.

Galanthus nivalis

La colonie spontanée de Colchicum automnalis a énormément souffert de la crue. Les bulbes qui ne furent pas emportés gisent aujourd’hui sur le sable et tentent désespérément d’effectuer leur cycle végétatif.

Colchicum automnalis

Enfin, j’aimerais terminer ce billet par les deux photographies suivantes qui indiquent clairement jusqu’où l’eau est montée lors de la crue de novembre. Au sommet de ce hêtre, soit à plus de 5 m du sol, se trouve l’un des piquets de clôture que la crue avait arraché, puis emporté. Ce lourd piquet en châtaigner d’1 m 80 avait pourtant été planté profondément dans le sol. Rassurez-vous, je ne me risquerais pas aller le récupérer. Il restera donc là-haut, comme le témoin de ce triste événement de novembre…

Au sommet de ce hêtre...

...le piquet!

dimanche 25 décembre 2011

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dec '11

De tout coeur...

jeudi 15 décembre 2011

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Quelques nouvelles…

Quelques heures ! Il aura suffit de quelques heures à la crue pour bouleverser mon univers. Je dois reconnaître un moment d’abattement comme je n’en avais encore jamais connu. De ceux qui vous font vous asseoir par terre au milieu des dégâts et poser un regard hébété autant qu’anéanti autour de vous. Cela, sans que vous ne sachiez si vous aurez la force de recommencer, et le cas échant, si cela en vaut vraiment la peine ?! Après tout, lorsque je repense à l’absence de soutien et au mépris qui m’auront été réservés par la municipalité floracoise (après qu’elle se soit pourtant déclarée intéressée par, je cite « un projet ne manquant pas d’intérêt »), si en plus la nature s’en mêle… A quoi bon ?

Puis, quelques messages d’amitié sont arrivés sur ma boîte mail, quelques bonnes volontés prêtes à m’apporter leur aide se sont manifestées… Au jardin, j’ai croisé le regard curieux d’un rouge-gorge, j’ai découvert ému le chantier d’un castor bien décidé à remettre de l’ordre dans la ripisyle, j’ai aperçu les premières feuilles des narcisses, la première fleur du premier Crocus. Il ne m’en fallait pas d’avantage pour que je retrouve toute mon énergie ! De plus, un bonheur ne venant jamais seul, j’ai enfin eu l’opportunité de quitter ce village pour m’installer ailleurs*. Pas très loin, certes, mais quelques petits kilomètres sont parfois largement suffisants pour s’extirper d’une atmosphère déplaisante, inhospitalière…

Crocus versicolor

Je parlais à l’instant de la première fleur de Crocus. La voici ! N’est-elle pas adorable ? Abîmée, certes (mais qui ne le serait pas après avoir été noyé sous près de 2 m de flots déchaînés pendant 24h ?). Crocus versicolor, car c’est de lui qu’il s’agit, fleurit habituellement en février ou mars, mais les températures clémentes ont précipité sa végétation.

Crocus versicolor

J’ai souvent eu l’impression que le mois de décembre était le début du printemps car de nombreux narcisses et quelques tulipes possèdent déjà leurs feuilles.

Narcissus x

Tulipa cretica

La crue avait abandonné une longue bande de feuilles et de débris végétaux. Quelques jours m’auront été nécessaires au ramassage de centaines de kg de ce qui constituera avant longtemps un terreau de grande qualité. Après tout, autant tirer avantage de la situation !

Jusqu’à ce que l’herbe repousse, une large bande « endive » me rappellera la limite de la crue.

L’un des tas de compost en devenir.

Les arbres aussi bénéficient directement de cet apport inespéré de nutriments. Celui-ci les protégera partiellement du gel tout au long de l’hiver, puis libérera, en se décomposant peu à peu, une fertilisation biologique de qualité exceptionnelle.

Pommier d'ornement (Malus x)

Malgré ce qu’il vient de subir, Viburnum x bodnantense semble déterminé à fleurir prochainement.

Viburnum x bodnantense

Heureusement pour eux, ces jeunes Iris planifolia se sont trouvés hors de portée des flots. En revanche, était-ce un sort plus enviable ?, profitant de la pluie, une limace a entièrement dévoré l’un d’entre eux (Seules deux plantes sont visibles sur l’image alors qu’initialement, elles étaient trois).

Iris planifolia

Après avoir récupéré les "restes" de clôture éparpillés ici et là, scié les arbres au sol, j'entamais la réinstallation de la clôture, en commençant par les piquets (merci à Aline pour la masse et la barre à mine!)...

Piquets de clôture remis en place.

Enfin, je termine ce billet par une annonce : existe-t-il en Lozère une personne qui pourrait m’aider de quelques coups de tronçonneuse ? Ma scie s’est avérée impuissante face à cette souche de plusieurs centaines de kg qui refuse en outre d’être déplacée à mains nues. Un ami internaute, Nathanaël pour ne pas le citer, c’était généreusement proposé (je l’en remercie une fois de plus), mais il me semblait irraisonnable de lui demander d’effectuer un voyage de plusieurs dizaines de km juste pour les quelques 10 minutes de travail que nécessiterait le débitage de cette souche.

Souche à débiter. En plus d’enlaidir le paysage, celle-ci a en plus eu la bonne idée d’arrêter sa course sur une station de Leucojum aestivum. Quant aux Iris foetidissima situés juste devant (non visibles sur l'image), ils ont eu plus de chance.

Petite anecdote: sur cette image, il est possible d'apercevoir un nichoir à mésanges en train de sécher. Celui-ci était installé sur le tronc d'un peuplier situé en bordure de ripisylve, à environ 1m 80 du sol (et environ 3,80 m du niveau normal du Tarnon). Quelle ne fut pas ma surprise en le décrochant de découvrir qu'il était rempli jusqu'à la moitié du sable de la rivière voisine...

  • Je parle ici de mon habitation. Mon exploitation et son jardin demeurent bien sûr au même endroit.

dimanche 20 novembre 2011

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Date limite de plantation...

Question : Quelle est la date limite de plantation des bulbeuses à floraison printanière (Mme G. de Nancy) ?

Si pour la plupart des gens la réponse semble évidente, il existe, en fonction du groupe de plantes auquel nous nous intéressons, quelques nuances que j’aimerais expliquer ici.

Iris reticulata 'Clairette'

Commençons par les narcisses. La grande majorité des narcisses horticoles que nous connaissons aujourd’hui sont issus des espèces Narcissus pseudonarcissus et Narcissus poeticus. Or, à l’état sauvage, ces plantes préfèrent les prairies fraîches et humides, voire les sous-bois. Elles bénéficient ainsi de sols conservant toujours une certaine humidité ce qui leur permet de développer leurs racines très tôt en saison, dès le milieu de l’été ! Une plantation hâtive leur sera donc toujours bénéfique. Néanmoins, il m’est arrivé de planter des narcisses jusqu’à la mi-décembre et je peux affirmer sans hésitation que je n’ai jamais eu à déplorer de perturbation dans leur croissance. Tout au plus existe-t-il un décalage de quelques jours dans la date de leur floraison la première saison. Dans ce cas, les plantes ont toujours retrouvé leur rythme naturel dès la seconde année!

Les tulipes sont les championnes de la tolérance ! Et si j’estime qu’il vaut mieux les installer avant les premières gelées, il m’est aussi arrivé (honte à moi !) de planter des bulbes que j’avais oubliés… en mars ! Contre toute attente, ces plantes ont parfaitement fleuri quelques jours plus tard. Plus surprenant, elles réapparurent l’année suivante en pleine forme. Il y a quelques années, un correspondant, membre de la Wakefield and North of England Tulips Society, m’expliquait qu’à son âge, il ne lui était plus possible de s’adonner au jardinage à sa guise. En conséquence, il lui arrivait de ne planter ses tulipes qu’à la fin du mois de janvier. Malgré cela m’assurait-il, jamais ses plantes ne lui parurent souffrir de cette situation. Dans l’ensemble, ce qui précède vaut également pour les Crocus et les Iris bulbeux.

Les lis : Jusqu’à ces dernières années, les bulbes de lis se plantaient exclusivement en automne. Toutefois, les horticulteurs se sont rendus compte assez récemment qu’en conservant les bulbes à une température d’environ 4°C tout l’hiver (et sous des conditions particulières d’hygrométrie), ils pouvaient avec le même succès être installés au printemps. C’est la raison pour laquelle, les catalogues de printemps sont de plus en plus attrayants concernant cette catégorie de plantes.

Je terminerai en mentionnant le cas particulier du perce-neige. En effet, celui-ci semble être l’une des rares bulbeuses à préférer être déplacée en cours de végétation (après la floraison). Malheureusement, pour des raisons pratiques, la filière horticole le diffuse généralement à l’état de bulbes. Moi-même, pour des raisons techniques, je ne peux actuellement le proposer « en vert ». J’espère bien sûr pouvoir le faire le plus rapidement possible.

En conclusion, je dirais qu’il n’est jamais trop tard pour installer quelques bulbes au jardin. Les conditions de leur stockage me semblent bien plus déterminantes que l’époque de leur plantation. Conservez vos bulbes dans une pièce à température ambiante, pas trop humide (par exemple, évitez la cave et préférez le grenier) et à l’abri de la lumière. Dès qu’un bourgeon vert apparaît, installez rapidement votre bulbe au jardin, puis arrosez le abondamment. Tout devrait bien se passer. Si, par la suite, vous deviez constater malgré cela que votre plante semble avoir du mal à surmonter cette plantation tardive, rien n’est perdu ! Dès son apparition (n’attendez pas son complet développement), supprimez simplement son ou ses boutons floraux. Ce faisant, vous lui éviterez une dépense d’énergie pouvant lui être fatale. Ainsi, elle reprendra des forces, et vous aurez la joie de la retrouver en pleine forme l’année suivante.

Tulipa kaufmanniana 'Showwinner'

Crue 2011 : Suite à la crue que mon exploitation vient de subir, vous avez été très nombreux à m’envoyer quelques mots amicaux, certains m’ont même proposé spontanément leur aide pour remettre les lieux en état. Je tiens à dire combien ces messages m’ont réconforté. Du fond du cœur, je vous remercie toutes et tous. Il aura suffit de quelques heures à l’eau pour chambouler mon petit univers, détruire le paysage, il me faudra des semaines pour tout nettoyer, et une ou deux années seront nécessaires aux végétaux de la ripisylve pour se régénérer. Heureusement, en dehors de mes cultures de lis (entièrement emportées par les flots), les plantes, sous terre à cette époque de l’année, n’ont pas trop souffert. Les tulipes botaniques sont indemnes, tout comme les narcisses et les Iris…

mardi 8 novembre 2011

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nov '11

L’effet d’une bombe…

Ces derniers jours, des pluies très importantes ont généré en Lozère des crues que les journaux qualifient d’historiques. On parle de 5,50 m à Florac…

A l’exploitation, la ripisylve fut dévastée, défigurée par le Tarnon. Le paysage est méconnaissable. Par exemple, aucun aulne n’a résisté…

En arpentant la parcelle, mes sentiments furent identiques à ceux que j’éprouvais en 1998, lorsqu’au lendemain de la fameuse tempête je m’étais rendu au bois de Vincennes : un mélange d’étonnement, de stupeur, de tristesse et d’impuissance…

Les rares arbres qui ne furent pas arrachés sont pliés, cassés, balafrés, voire ensevelis sous le sable ou les débris végétaux.

Les lieux ne sont plus ce qu’ils étaient. Des murets se sont écroulés, des noyers furent couchés par les eaux. Ici, des trous et des crevasses se sont formés, ailleurs des monticules de sable sont apparus. Ma clôture fut emportée, et au moment où j’écris ces lignes, certains piquets, encore fixés à leur grillage, sont accrochés, emmêlés dans les branches, tandis que d’autres pendent tristement dans la rivière. Je ne sais même pas s’il me sera techniquement possible de les dégager. La plupart des nichoirs ont été arrachés…

Ci-dessous, disparue la jolie petite porte en bois, englouti l’aire de nourrissage destiné aux oiseaux…

Ci dessous, cet emplacement au sol sableux et humifère, abritait mes cultures de lis (plusieurs centaines de plantes). Ils furent totalement emportés par les eaux.

Le bassin qui abritait petits crapauds, larves de libellules et espèces végétales protégées fut plié, écrasé, broyé par les mouvements du sol. Comme il ne contient plus d’eau, j’en conclu qu’il est percé…

Ci-dessus, la ligne de feuilles permet de voir le niveau maximal de la crue.

Des quantités impressionnantes de détritus (plastiques, tuyaux, bidons…) furent apportés et déposés sur les rives. Aurais-je le courage de ramasser pour la xème fois ces déchets qui ne sont pas les miens ?

Le travail de nettoyage est important, trop important pour le modeste jardinier botaniste que je suis et qui ne dispose que d’une simple scie. Je ne sais pas quoi faire et vais me contenter au cours des prochains jours de remettre rapidement une clôture pour protéger le reste des cultures. Tout ce qui faisait le charme du jardin n’existe plus aujourd’hui et des années seront nécessaires à la végétation pour se régénérer.

Petits miracles : les cultures de tulipes, de narcisses, et de pivoines ne furent pas touchées. La Collection nationale de tulipes est indemne, ainsi que les collections d’Iris (des jardins, hollandica et Juno). Aucun des arbres plantés par mes soins ne fut arraché. Et enfin, après avoir été noyée sous 1 m d’eau, la planche principale de semis de tulipes fut miraculeusement préservée.

vendredi 4 novembre 2011

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Vigilance Rouge...

La journée de hier aura vu la situation météorologique de Florac passer de "Vigilance Orange" à "Vigilance Rouge". Des trombes d’eau accompagnées d’orages se sont abattues sur le village toute la journée et une partie de la nuit. Les rivières ont rapidement dépassé leur cote d’alerte. En quelques heures, le Tarnon s’est transformé en un fleuve déchaîné, charriant sable, pierres, troncs et branchages (et pas mal de détritus divers). La moitié de la surface de la parcelle s’est transformée en lac, la ripisylve fut complètement défigurée par la crue. 200 m de clôture, la petite porte en bois menant à la rivière, et tous les végétaux plantés sous les arbres furent arrachés…

Les pluies étaient si importantes que je n’ai pas osé sortir mon appareil. Je prendrais des photos dès que le temps me le permettra. Quelques heures de crues et ce sont des jours de travail (nettoyage principalement) qui m’attendent.

Quand je pense que certaines personnes me conseillaient d’installer mes serres de culture en zone inondable. Je m’interroge…

Je pense que les dégâts sur les végétaux resteront minimes, même si je sais déjà que toutes mes planches de semis furent emportées par les eaux.

Moral en berne !!! Et la pluie recommence à tomber...

dimanche 30 octobre 2011

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Silence, ça pousse...

Au printemps 2011, la Collection Nationale de tulipes botaniques fut mise à l'honneur dans le cadre d'un reportage consacré au Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées (C.C.V.S.). Il est possible de revoir ce reportage sur le site de l'association Tulipes Sauvages grâce au lien suivant: http://www.tulipessauvages.org/page/video_ccvs.htm

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Portrait de plante: Tulipa greigii

C’est grâce à quelques bulbes récoltés dans le sud du Kazakhstan que l’espèce Tulipa greigii put être décrite en 1873 par Eduard August von Regel (1815-1892), le fameux naturaliste allemand également connu pour avoir occupé le poste de directeur du Jardin Botanique Impérial de Saint-Pétersbourg. Elle est à la fois l’une des plus jolies et l’une des plus intéressantes tulipes botaniques. A un point tel, que certains collectionneurs ne se consacrent pratiquement qu’à cette seule espèce et à ses nombreuses variétés…

Tulipa greigii 'Easter Surprise'

Massive, la plante est d’une taille imposante puisqu’elle peut atteindre 40, voire 50 cm. La forme type porte une grande fleur à la forme en gobelet caractéristique. Rouge vif, cette dernière abrite de solides étamines chargées de pollen jaune et un grand cœur noir. Dans la nature, on rencontre occasionnellement des plantes à fleurs jaunes. Malheureusement, parce qu’elles furent introduites en culture de façon sporadique, elles sont bien plus rares.

Plus surprenant, Tulipa greigii s’hybride si facilement avec Tulipa kaufmanniana qu’il existe à l’état sauvage des populations composées presque uniquement de plantes hybrides où, à l’exception du bleu, toutes les couleurs sont représentées ! Cette tendance naturelle a bien sûr été largement exploitée en horticulture. En conséquence, plusieurs centaines de variétés furent enregistrées depuis le début du XXème siècle. Toutes ces tulipes portent une ou plusieurs fleurs de longue tenue, en mesure d’affronter les éléments avec beaucoup de dignité.

Tulipa greigii 'Echo'

Une autre des caractéristiques marquantes de l’espèce lui vient de son feuillage. En effet, en plus d’être d’une texture épaisse, cireuse, chaque feuille est en outre marbrée (ou striée) de pourpre. Les motifs sont différents selon les variétés et peuvent s’avérer extrêmement décoratifs. Enfin, savez vous que certaines personnes utilisent les capsules sèches qui apparaissent après la floraison pour confectionner des bouquets secs originaux ?

La culture de cette tulipe spectaculaire ne présente pas de difficulté particulière dès lors qu’on lui réserve un emplacement ensoleillé, bien drainé et sec en été, et qu’on lui apporte quelques fertilisations durant sa période de végétation.